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CHOSIFICATION ET MARCHANDISATION
La marchandisation signifie réduire à l’état de marchandise. De par sa définition même il est insultant pour l’homme, qui en est à la fois L’OBJET et le SUJET. Car qui donc autre que l’homme pourrait réduire l’homme à l’état de marchandise ?
La marchandisation passe forcément par une phase de chosification avant de le marchander. Cette étape de chosification s’est faite il y a fort longtemps malheureusement, traduite au cours de l’histoire par des formes variées, selon les civilisations. Esclavage, prostitution (ne parle-t-on pas du plus vieux métier du monde ?), exploitation, déportation… autant de termes qui riment avec humiliation.
J’entends par marchandisation de l’humain : “location, échange ou vente de tout ou partie de l’Humain”.
MARCHANDISATION DE L’HUMAIN ET HISTOIRE. Je ne souhaite pas détailler ce qui a pu être dans l’Histoire passée des exemples de marchandisation de l’Humain. D’autres que moi pourraient faire un cours d’histoire bien plus complet. La marchandisation de l’Humain a pris différentes formes, qui ont pu apparaître, disparaître, coexister ou se sont succédées: les missions religieuses (notamment en Amérique latine, les colonisations (notamment en Afrique) , le terrorisme et la guerre incluant les enfants-soldats, les bombes humaines et les tortures. L’humain traité comme une vulgaire matière première, voire un déchet, par les régimes dictatoriaux : autant d’exemples qui sont d’autant plus pénibles à rappeler qu’ils sont le résultat de l’Homme lui-même.
Pas si loin de nous, dans le temps et dans l’espace, le statut de la femme et des handicapés (avez-vous remarqué que les toilettes handicapés sont toujours chez les femmes ?) les faisait passer plus pour des objets que des sujets. Comme pour les indigènes des pays où l’on voyageait, la question était même de savoir s’ils avaient une âme.
Tentons de nous poser les questions sur l’Histoire future que nous construisons, et dans laquelle nous avons tous une part de responsabilité.
MARCHANDISATION ET ARGENT. Tout s’achète. Dés lors que l’argent fait son apparition, les choses se louent et se vendent. Et l’Homme n’échappe pas à la règle du marché de l’offre et de la demande. Dans le monde, sa valeur marchande diffère selon son origine, tant au niveau géographique que social. En quelque sorte, la vie, le corps ou le travail d’un « pauvre » vaut moins que celle d’un « riche ». Parfois, elle ne vaut même rien (exemple : un prisonnier chinois).
L’Homme agit, réfléchit et fabrique des objets. Puis il vend ou loue des biens et services qui en résultent. Il faut bien dire que si l’Homme est considéré comme une marchandise, c’est bien dans un but financier.
L’Homme et la Femme se louent, se vendent, se troquent, s’échangent. La prostitution est de la location, et le mariage dans certaines conditions tient plus de la vente, pouvant d’ailleurs être officialisée par un contrat. Il existe même des mariages en CDD, et une sorte de « service après-vente » qui permet de l’annuler en cas de “dysfonctionnement du produit” (stérilité, maladie, etc…).
Peut-être qu’à force de tout voir sous l’angle de la consommation, nous ne percevons plus à quel point tout est devenu marchandise. Et l’Homme en fait partie. NOUS sommes tous des objets de communication et de consommation, au point de ne plus le voir parfois, tant cela imprègne notre vie. Quelle différence y a-t-il entre un panneau publicitaire, 15 secondes de spot TV en prime time et un maillot de foot? Le nombre de logos, car c’est le maillot de foot qui en comporte le plus! Et quand nous voyons les logos de marques portés par la plupart des gens dans la rue, nous ne somme plus très loin du maillot de foot.
A partir de quand parle-t-on de marchandisation de l’Humain ? Où se trouve la limite acceptable ? Le bon sens nous ferait répondre : à partir du moment où la dignité humaine est atteinte, où le non-respect de la personne est réel. Mais cette limite est floue et c’est notre rôle de l’identifier. Selon les cultures, les civilisations et les pays, les critères diffèrent. Sommes-nous même conscients de cette limite ?
Aujourd’hui, nous louons des services, comme le travail par exemple. Nous appelons cela l’Uberisation. Bien sûr, cela permet une certaine flexibilité de la part de l’employeur et du travailleur. Les indépendants et les professions libérales le savent bien. Dans le futur, nous deviendrons majoritairement des intermittents. Malheureusement, l’Abbaye de Thélème où chacun a sa place et travaille pour son plaisir et le bien de la communauté, n’est qu’une utopie. Toutefois, les plus jeunes générations sont plus enclines à envisager un métier qui leur correspond. Il nous semble évident que tout travail mérite salaire, mais la notion de travail peut être à la limite de l’esclavagisme. Comme dans ces usines d’Asie du sud-est où les femmes peuvent être enchaînées à leur poste de travail. Peut-on encore appeler cela réellement du travail ?
Que dire aussi du travail abusif des enfants ? Ce thème est souvent repris par les marques qui veulent se dédouaner d’une quelconque responsabilité de faire travailler des enfants. Or dans certains pays, et je pense à l’Afrique, l’Inde ou le Sud-Est asiatique, il est coutumier que les enfants accompagnent leurs parents. Cela pose des problèmes de convention pour nous pays occidentaux car nous le différencions mal du travail abusif. Je le vis au quotidien dans mon métier par exemple, à travers les filières de ressources de plantes où le respect des populations et le partage des avantages est loin d’être optimal.
Nous pouvons également prendre comme exemple les conditions désastreuses dans lesquelles vivent les ouvriers chinois. Ce sont souvent des hommes ruraux venus en ville pour gagner leur vie, souvent de plus de 50 ans. Ils sont entassés, parqués dans des cages comme des bêtes, sans aération ni fenêtre et où la saleté y est extrême.
Au cours du temps, une marchandise peut disparaître pour laisser place à une autre. L’esclavage a été aboli certes, mais d’autres formes de marchandisation de l’Homme apparaissent. De l’économie aux biotechnologies, quels sont les défis pour demain ?
MARCHANDISATION : QUELS DEFIS POUR DEMAIN ?
Quelles que soient les formes prises par la marchandisation de l’Homme, on ne peut nier que celle-ci a suivi le progrès technologique de près, et s’est du coup, modernisée.
L’esclavage moderne est plus discret mais bien là. C’est le cas des travailleurs étrangers plus ou moins clandestins, que des employeurs sans scrupules font chanter, souvent en leur confisquant leurs papiers ou en les menaçant de les dénoncer.
De même, citons les marchands de sommeil qui louent à prix d’or des logements insalubres à des personnes en situation précaire.
N’est-ce pas une forme d’esclavage que ces américains pauvres qui doivent cumuler 2, voire 3 emplois pour survivre? Et ce, sans protection sociale (voir le documentaire Sicko de Michael Moore). Nombreuses sont les personnes qui décèdent de ne pouvoir se soigner.
L’Humain est une matière première, utilisée pour fournir un travail, produire des biens, et satisfaire une consommation croissante. Mais quelle est cette soi-disante Humanité qui use de son prochain comme d’un matériau que l’on use et que l’on jette?
L’économie s’est mondialisée et l’Homme-objet aussi. Celui-ci s’exporte. Les Sweatshops, ces usines de marques mondialement connues, sont des sites de travail précaire, dont les conditions matérielles sont déplorables et les travailleurs exploités. Pour rentrer dans les détails, je vous conseille de lire No Logo, de Naomi Klein. Si la Chine devient l’usine du monde, elle permet d’atteindre des prix hors compétition, … mais à quel prix humain ?
Dans les Biotechnologies, de nombreux sujets sont d’actualité, en ce sens que nous décomposons scientifiquement l’Homme pour mieux le comprendre… mais aussi pour mieux le vendre.
-       la Génomique, la science qui étudie les gènes, le matériel biologique de l’hérédité. Tant dans le règne végétal qu’animal, les génomes sont peu à peu séquencés, donc analyses, et donc susceptibles d’être modifiés.
Cela pose la question essentielle : à qui appartiennent nos gènes ? Car les sociétés, notamment américaines posent des brevets sur le vivant (en France, c’est interdit). Le support biologique de notre hérédité se vendra-t-il? Pourrait-on imaginer de vendre un jour les gènes de son grand-père sur Ebay?
-       Le Clonage, quant à lui, est déjà réalisé sur les animaux. Il ne l’est pas officiellement sur l’Humain mais on en est très proche. On imagine volontiers certaines personnes dont l’ego ou le portefeuille sont suffisamment gonflés pour vouloir se munir d’un clone. C’est le rêve des forces militaires depuis toujours. Car la connaissance des gènes permettant d’améliorer certaines caractéristiques, notamment physiques, il est tentant de former des clones-soldats. Sujet de science-fiction peut-être, comme dans Star Wars, mais plus si inatteignable…
-       Les Cellules souches bien sûr évoquent beaucoup d’espoir, notamment en terme thérapie génique, mais aussi il faut rester extrêmement vigilants quant aux dérives.
-       Les greffes d’organes résultent d’un progrès scientifique impressionnant et le don est très louable (j’ai ma carte de donneur, j’accepte donc d’être en partie « démontée » si cela peut aider à sauver la vie d’un autre être humain), mais les abus existent : les trafics d’organes sont nombreux, et mêmes les enfants sont touchés (en Inde par exemple)
- Les mères porteuses constituent une autre problématique internationale, car le corps humain est loué pour une fonction particulière et un temps donné.
L’Humain est non seulement une marchandise, mais il est même vendu ou loué en kit. Est-ce la génération Ikea qui veut ça ? Il y aurait encore de nombreux exemples à donner.
Celui des enfants adoptés. Marchandisation ou non? L’objectif est certainement favorable aux enfants, mais on observe de nombreux cas de trafics dans le monde. L’enfant aussi est devenu une marchandise que l’on promeut et que l’on exporte.
Le statut des femmes, notamment dans certains pays.
Nos données personnelles remplissent des fichiers et des bases de données vendues aux  services d’études et de marketing.
La banalisation du corps humain se traduit par exemple à travers la publicité, car c’est un objet qui fait vendre. Dans ce registre, mais malheureusement un peu plus réaliste : l’exposition « A corps ouvert » qui a eu lieu en 2009 dans plusieurs villes, mettant en scène de vrais corps humains, issus de prisonniers chinois selon les media. L’expo avait fait grand bruit, et pour des raisons éthiques elle a du être arrêtée. Et puis la polémique s’est tassée.
Pour finir sur des exemples un peu plus légers… Le site « Adopte un mec .com » créé en 2007. En tant que femme, on peut choisir les profils des hommes selon des critères précis (je ne les cite pas, je vous laisse la surprise d’aller les voir sur le site) et faire son marché… et il y a même des promotions.
CONCLUSION
Au cœur de cette problématique : l’Humain. L’Homme en tant qu’objet d’une part, et donc victime, un individu passif, qui subit. L’Homme en tant que sujet d’autre part, et donc acteur, un individu actif, qui agit. Je pense à l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci : un homme inscrit dans un cercle. Toute la beauté du tracé de la main de l’Homme (le sujet) représentant l’Homme (en tant qu’objet). C’est avec notre intelligence émotionnelle que nous pouvons améliorer notre discernement, et c’est avec notre courage que nous pourrons nous opposer aux dérives.

CHOSIFICATION ET MARCHANDISATION

La marchandisation signifie réduire à l’état de marchandise. De par sa définition même il est insultant pour l’homme, qui en est à la fois L’OBJET et le SUJET. Car qui donc autre que l’homme pourrait réduire l’homme à l’état de marchandise ?

La marchandisation passe forcément par une phase de chosification avant de le marchander. Cette étape de chosification s’est faite il y a fort longtemps malheureusement, traduite au cours de l’histoire par des formes variées, selon les civilisations. Esclavage, prostitution (ne parle-t-on pas du plus vieux métier du monde ?), exploitation, déportation… autant de termes qui riment avec humiliation. J’entends par marchandisation de l’humain : “location, échange ou vente de tout ou partie de l’Humain”.

MARCHANDISATION DE L’HUMAIN ET HISTOIRE.

Je ne souhaite pas détailler ce qui a pu être dans l’Histoire passée des exemples de marchandisation de l’Humain. D’autres que moi pourraient faire un cours d’histoire bien plus complet. La marchandisation de l’Humain a pris différentes formes, qui ont pu apparaître, disparaître, coexister ou se sont succédées: les missions religieuses (notamment en Amérique latine, les colonisations (notamment en Afrique) , le terrorisme et la guerre incluant les enfants-soldats, les bombes humaines et les tortures. L’humain traité comme une vulgaire matière première, voire un déchet, par les régimes dictatoriaux : autant d’exemples qui sont d’autant plus pénibles à rappeler qu’ils sont le résultat de l’Homme lui-même.

Pas si loin de nous, dans le temps et dans l’espace, le statut de la femme et des handicapés (avez-vous remarqué que les toilettes handicapés sont toujours chez les femmes ?) les faisait passer plus pour des objets que des sujets. Comme pour les indigènes des pays où l’on voyageait, la question était même de savoir s’ils avaient une âme. Tentons de nous poser les questions sur l’Histoire future que nous construisons, et dans laquelle nous avons tous une part de responsabilité.

MARCHANDISATION ET ARGENT.

Tout s’achète. Dés lors que l’argent fait son apparition, les choses se louent et se vendent. Et l’Homme n’échappe pas à la règle du marché de l’offre et de la demande. Dans le monde, sa valeur marchande diffère selon son origine, tant au niveau géographique que social. En quelque sorte, la vie, le corps ou le travail d’un « pauvre » vaut moins que celle d’un « riche ». Parfois, elle ne vaut même rien (exemple : un prisonnier chinois).

L’Homme agit, réfléchit et fabrique des objets. Puis il vend ou loue des biens et services qui en résultent. Il faut bien dire que si l’Homme est considéré comme une marchandise, c’est bien dans un but financier.

L’Homme et la Femme se louent, se vendent, se troquent, s’échangent. La prostitution est de la location, et le mariage dans certaines conditions tient plus de la vente, pouvant d’ailleurs être officialisée par un contrat. Il existe même des mariages en CDD, et une sorte de « service après-vente » qui permet de l’annuler en cas de “dysfonctionnement du produit” (stérilité, maladie, etc…).

Peut-être qu’à force de tout voir sous l’angle de la consommation, nous ne percevons plus à quel point tout est devenu marchandise. Et l’Homme en fait partie. NOUS sommes tous des objets de communication et de consommation, au point de ne plus le voir parfois, tant cela imprègne notre vie. Quelle différence y a-t-il entre un panneau publicitaire, 15 secondes de spot TV en prime time et un maillot de foot? Le nombre de logos, car c’est le maillot de foot qui en comporte le plus! Et quand nous voyons les logos de marques portés par la plupart des gens dans la rue, nous ne somme plus très loin du maillot de foot.

A partir de quand parle-t-on de marchandisation de l’Humain ? Où se trouve la limite acceptable ? Le bon sens nous ferait répondre : à partir du moment où la dignité humaine est atteinte, où le non-respect de la personne est réel. Mais cette limite est floue et c’est notre rôle de l’identifier. Selon les cultures, les civilisations et les pays, les critères diffèrent. Sommes-nous même conscients de cette limite ?

Aujourd’hui, nous louons des services, comme le travail par exemple. Nous appelons cela l’Uberisation. Bien sûr, cela permet une certaine flexibilité de la part de l’employeur et du travailleur. Les indépendants et les professions libérales le savent bien. Dans le futur, nous deviendrons majoritairement des intermittents. Malheureusement, l’Abbaye de Thélème où chacun a sa place et travaille pour son plaisir et le bien de la communauté, n’est qu’une utopie. Toutefois, les plus jeunes générations sont plus enclines à envisager un métier qui leur correspond. Il nous semble évident que tout travail mérite salaire, mais la notion de travail peut être à la limite de l’esclavagisme. Comme dans ces usines d’Asie du sud-est où les femmes peuvent être enchaînées à leur poste de travail. Peut-on encore appeler cela réellement du travail ?

Que dire aussi du travail abusif des enfants ? Ce thème est souvent repris par les marques qui veulent se dédouaner d’une quelconque responsabilité de faire travailler des enfants. Or dans certains pays, et je pense à l’Afrique, l’Inde ou le Sud-Est asiatique, il est coutumier que les enfants accompagnent leurs parents. Cela pose des problèmes de convention pour nous pays occidentaux car nous le différencions mal du travail abusif. Je le vis au quotidien dans mon métier par exemple, à travers les filières de ressources de plantes où le respect des populations et le partage des avantages est loin d’être optimal.

Nous pouvons également prendre comme exemple les conditions désastreuses dans lesquelles vivent les ouvriers chinois. Ce sont souvent des hommes ruraux venus en ville pour gagner leur vie, souvent de plus de 50 ans. Ils sont entassés, parqués dans des cages comme des bêtes, sans aération ni fenêtre et où la saleté y est extrême.

Au cours du temps, une marchandise peut disparaître pour laisser place à une autre. L’esclavage a été aboli certes, mais d’autres formes de marchandisation de l’Homme apparaissent. De l’économie aux biotechnologies, quels sont les défis pour demain ?

MARCHANDISATION : QUELS DEFIS POUR DEMAIN ?

Quelles que soient les formes prises par la marchandisation de l’Homme, on ne peut nier que celle-ci a suivi le progrès technologique de près, et s’est du coup, modernisée. L’esclavage moderne est plus discret mais bien là. C’est le cas des travailleurs étrangers plus ou moins clandestins, que des employeurs sans scrupules font chanter, souvent en leur confisquant leurs papiers ou en les menaçant de les dénoncer. De même, citons les marchands de sommeil qui louent à prix d’or des logements insalubres à des personnes en situation précaire. N’est-ce pas une forme d’esclavage que ces américains pauvres qui doivent cumuler 2, voire 3 emplois pour survivre? Et ce, sans protection sociale (voir le documentaire Sicko de Michael Moore). Nombreuses sont les personnes qui décèdent de ne pouvoir se soigner.

L’Humain est une matière première, utilisée pour fournir un travail, produire des biens, et satisfaire une consommation croissante. Mais quelle est cette soi-disante Humanité qui use de son prochain comme d’un matériau que l’on use et que l’on jette? L’économie s’est mondialisée et l’Homme-objet aussi. Celui-ci s’exporte. Les Sweatshops, ces usines de marques mondialement connues, sont des sites de travail précaire, dont les conditions matérielles sont déplorables et les travailleurs exploités. Pour rentrer dans les détails, je vous conseille de lire No Logo, de Naomi Klein. Si la Chine devient l’usine du monde, elle permet d’atteindre des prix hors compétition, … mais à quel prix humain ?

Dans les Biotechnologies, de nombreux sujets sont d’actualité, en ce sens que nous décomposons scientifiquement l’Homme pour mieux le comprendre… mais aussi pour mieux le vendre.

-       la Génomique, la science qui étudie les gènes, le matériel biologique de l’hérédité. Tant dans le règne végétal qu’animal, les génomes sont peu à peu séquencés, donc analyses, et donc susceptibles d’être modifiés.

Cela pose la question essentielle : à qui appartiennent nos gènes ? Car les sociétés, notamment américaines posent des brevets sur le vivant (en France, c’est interdit). Le support biologique de notre hérédité se vendra-t-il? Pourrait-on imaginer de vendre un jour les gènes de son grand-père sur Ebay?

-       Le Clonage, quant à lui, est déjà réalisé sur les animaux. Il ne l’est pas officiellement sur l’Humain mais on en est très proche. On imagine volontiers certaines personnes dont l’ego ou le portefeuille sont suffisamment gonflés pour vouloir se munir d’un clone. C’est le rêve des forces militaires depuis toujours. Car la connaissance des gènes permettant d’améliorer certaines caractéristiques, notamment physiques, il est tentant de former des clones-soldats. Sujet de science-fiction peut-être, comme dans Star Wars, mais plus si inatteignable…

-       Les Cellules souches bien sûr évoquent beaucoup d’espoir, notamment en terme thérapie génique, mais aussi il faut rester extrêmement vigilants quant aux dérives.

-       Les greffes d’organes résultent d’un progrès scientifique impressionnant et le don est très louable (j’ai ma carte de donneur, j’accepte donc d’être en partie « démontée » si cela peut aider à sauver la vie d’un autre être humain), mais les abus existent : les trafics d’organes sont nombreux, et mêmes les enfants sont touchés (en Inde par exemple)

- Les mères porteuses constituent une autre problématique internationale, car le corps humain est loué pour une fonction particulière et un temps donné.

L’Humain est non seulement une marchandise, mais il est même vendu ou loué en kit. Est-ce la génération Ikea qui veut ça ? Il y aurait encore de nombreux exemples à donner. Celui des enfants adoptés. Marchandisation ou non? L’objectif est certainement favorable aux enfants, mais on observe de nombreux cas de trafics dans le monde. L’enfant aussi est devenu une marchandise que l’on promeut et que l’on exporte. Le statut des femmes, notamment dans certains pays. Nos données personnelles remplissent des fichiers et des bases de données vendues aux services d’études et de marketing. La banalisation du corps humain se traduit par exemple à travers la publicité, car c’est un objet qui fait vendre. Dans ce registre, mais malheureusement un peu plus réaliste : l’exposition « A corps ouvert » qui a eu lieu en 2009 dans plusieurs villes, mettant en scène de vrais corps humains, issus de prisonniers chinois selon les media. L’expo avait fait grand bruit, et pour des raisons éthiques elle a du être arrêtée. Et puis la polémique s’est tassée.

Pour finir sur des exemples un peu plus légers… Le site « Adopte un mec .com » créé en 2007. En tant que femme, on peut choisir les profils des hommes selon des critères précis (je ne les cite pas, je vous laisse la surprise d’aller les voir sur le site) et faire son marché… et il y a même des promotions.

CONCLUSION

Au cœur de cette problématique : l’Humain. L’Homme en tant qu’objet d’une part, et donc victime, un individu passif, qui subit. L’Homme en tant que sujet d’autre part, et donc acteur, un individu actif, qui agit. Je pense à l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci : un homme inscrit dans un cercle. Toute la beauté du tracé de la main de l’Homme (le sujet) représentant l’Homme (en tant qu’objet). C’est avec notre intelligence émotionnelle que nous pouvons améliorer notre discernement, et c’est avec notre courage que nous pourrons nous opposer aux dérives.

For years now, I visit the Beyond Beauty show because it reflects quite well various trends of the sector. South Korea is becoming more visible with multiple devices (Bomtech) and beauty care through the new cushion generation of products (e.g. Hidden foundation of Chochosfactory).

Mask experience confirms the trends with Timeless Truth or the Mask & powder kit (Lab & Company) that combines a mask + powder meant to be blended. From South Korea, it seems obvious that conglomerates such as LG are becoming major players, benefitting from the cross-fertilization of their various core businesses. LG launches through its brands Sooryehan / Jin brand a gel cleanser transforming into oil while face massaging.

Sustainability.

Besides various natural-based brands, Lorcos is still there, showing all the personal care range of products, such as its historical solid shampoos. Very innovative and sustainable. Lush too develops bar shampoos and conditioners for the past few years, with noticeable success. One bar enables 80-100 shampoos, which is equivalent to 3 bottles of classical shampoo, meaning huge water saving… and convenience (mostly while traveling).

Lush shampoo bar

My favorite thing is to rummage into the new brands jungle on the Zoom area. A Japanese brand called Ruhaku displayed a very elegant range of products, based on an ancient plant that grows in Japan locally known as getto. It can prolong life by a fifth and might be the secret behind the long life people in Southern Japan. Tawada, a professor of agronomy at the University of the Ryukyus in Okinawa, has been studying getto, part of the ginger family known variously as Alpinia zerumbet, pink porcelain lily or shell ginger, for the last 20 years and he is now collecting the fruits of his work. The scientist made a recent experiment on worms and discovered that those fed on a daily diet of getto lived an average of 22.6 % longer than the control group.

The plant has been a main ingredient in the diet of Okinawans for centuries. While they did not know the plant is rich in resveratrol, a strong anti-oxidant that can also be found in grapes, they knew however that the plant was good for them, Tawada said. »Today, getto is used in cosmetics, but that’s only part of its potential I think it can also be used in the medical field and in other sectors, » he said.

(Picture: Alpinia zerumbet by Tatiana Gerus from Brisbane, Australia, Wikimedia commons)

Getto

On the Innovation Zone, displayed by Mintel, few surprises. An Ultimate warming cleanser from Sephora that shows how entertaining textures are still desirable, as well as formula-changing textures are, with the Dr Deniis Gross cleanser, the Brightening bubbling mask of Peter Thomas Roth, that transforms from a light blue gel to a white oxygenating foam, or the PowerMud dual cleanse treatment (Glamglow).

One of the big surprise though is the Struthio Derma brand with its Plume range of skincare. Based on French Ostrich oil, rich in essential fatty acids (omega 3, 6 and 9), it has been used since Egyptian and Greek-Roman civilizations to heal the skin and to reinforce the immune system.

Stemming from the fat of ostrich bred in the South of France near Cognac, it is a well-traced ingredient, sourced from a known and direct supplier. Not the fat present on the feathers, like lanolin on sheep hair, but the real fat of the animal. After purification, it is formulated. This is a good example of adding value to a byproduct, as we do in circular economy.

While the cosmetic industry in France is more focused on plant-based ingredient, it is interesting to find natural, renewable and sustainable new ingredients. Sustainable because these birds are bred in wide fields (they can’t be domesticated like chickens), fed with plants or grains (and not soya or weird pet food), and the number of animals are limited and remains well-managed. Many market though are still interested in animal-based ingredients, such as Switzerland, Russia, Asia…

Plume autruche(src : rougier-ple)

Moreover, the team is extremely welcoming, explaining each step, answering every question I had, and even share Cognac-based cocktails as appetizer on their booth.

Meanwhile, I was disappointed to see that that Spa area wasn’t there, and only very few cosmetic ingredient suppliers were present (Seppic and Prod’Hyg) while fragrance suppliers took larger place in the show.

I really look forward to coming back next year, to meet the next launching brands!

And you, what did you think of Beyond Beauty 2015?

For years now, I visit the Beyond Beauty show because it reflects quite well various trends of the sector. South Korea is becoming more visible with multiple devices (Bomtech) and beauty care through the new cushion generation of products (e.g. Hidden foundation of Chochosfactory).
Mask experience confirms the trends with Timeless Truth or the Mask & powder kit (Lab & Company) that combines a mask + powder meant to be blended. From South Korea, it seems obvious that conglomerates such as LG are becoming major players, benefitting from the cross-fertilization of their various core businesses. LG launches through its brands Sooryehan / Jin brand a gel cleanser transforming into oil while face massaging.
Sustainability.
Besides various natural-based brands, Lorcos is still there, showing all the personal care range of products, such as its historical solid shampoos. Very innovative and sustainable. Lush too develops bar shampoos and conditioners for the past few years, with noticeable success. One bar enables 80-100 shampoos, which is equivalent to 3 bottles of classical shampoo, meaning huge water saving… and convenience (mostly while traveling).
My favorite thing is to rummage into the new brands jungle on the Zoom area. A Japanese brand called Ruhaku displayed a very elegant range of products, based on an ancient plant that grows in Japan locally known as “getto”. It can prolong life by a fifth and might be the secret behind the long life people in southern Japan. Tawada, a professor of agronomy at the University of the Ryukyus in Okinawa, has been studying getto, part of the ginger family known variously as Alpinia zerumbet, pink porcelain lily or shell ginger, for the last 20 years and he is now collecting the fruits of his work.The scientist made a recent experiment on worms and discovered that those fed on a daily diet of getto lived an average of 22.6 % longer than the control group.
The plant has been a main ingredient in the diet of Okinawans for centuries. While they did not know the plant is rich in resveratrol, a strong anti-oxidant that can also be found in grapes, they knew however that the plant was good for them, Tawada said. »Today, getto is used in cosmetics, but that’s only part of its potential I think it can also be used in the medical field and in other sectors, » he said.
(Picture: Alpinia zerumbet by Tatiana Gerus from Brisbane, Australia, Wikimedia commons)
On the Innovation Zone, displayed by Mintel, few surprises. An Ultimate warming cleanser from Sephora that shows how entertaining textures are still desirable, as well as formula-changing textures are, with the Dr Deniis Gross cleanser, the Brightening bubbling mask of Peter Thomas Roth, that transforms from a light blue gel to a white oxygenating foam, or the PowerMud dual cleanse treatment (Glamglow).
One of the big surprise though is the Struthio Derma brand with its Plume range of skincare. Based on French Ostrich oil, rich in essential fatty acids (omega 3, 6 and 9), it has been used since Egyptian and Greek-Roman civilizations to heal the skin and to reinforce the immune system.
Stemming from the fat of ostrich bred in the South of France near Cognac, it is a well-traced ingredient, sourced from a known and direct supplier. While the cosmetic industry in France is more focused on plant-based ingredient, it is interesting to find natural, renewable and sustainable new ingredients. Sustainable because these birds are bred in wide fields (they can’t be domesticated like chickens), fed with plants or grains (and not soya or weird pet food), and the number of animals are limited and remains well-managed. Many market though are still interested in animal-based ingredients, such as Switzerland, Russia, Asia…
Moreover, the team is extremely welcoming, explaining each step, answering every question I had, and even share Cognac-based cocktails as appetizer!
Meanwhile, I was disappointed to see that that Spa area wasn’t there, and only very few cosmetic ingredient suppliers were present (Seppic and Prod’Hyg) while fragrance suppliers took larger place in the show.
I really look forward to coming back next year, to meet the next launching brands!
And you, what did you think of Beyond Beauty 2015?

J’ai eu la chance de pouvoir suivre en direct, la conférence intitulée « Dérèglements climatiques et crises humanitaires : comprendre et agir », dont voici un résumé et un avis personnel.

Le dérèglement climatique « est un facteur d’aggravation des crises humanitaires et constitue de ce fait un défi majeur tant pour les gouvernements que pour les acteurs humanitaires non gouvernementaux », alertent une soixante d’ONG humanitaires internationales, dans une lettre ouverte remise ce mercredi 9 septembre au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. »Il est temps d’agir! »: cette lettre appelle les 195 Etats parties de la COP à parvenir à un accord ambitieux et contraignant pour limiter à 1,5° le réchauffement climatique à la fin du siècle, et ainsi limiter les crises humanitaires. Cette événement était co-organisé ce mercredi par le Quai d’Orsay, Care France et Action contre la faim ainsi que l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Intitulée

Dérèglements climatiques, générateurs de conflits

Mme Hindou Oumarou Ibrahim, coordinatrice de l’Association des Femmes Peules Autochtones du Tchad (AFPAT) explique l’impact de la modification des écosystèmes du lac Tchad sur les rapports entre les communautés locales. Au Tchad, et dans tout le Sahel, la crise alimentaire ne finit pas. On n’arrive pas à la freiner car les coûts augmentent et les changements déstabilisent toute la vie des communautés. Elle crée des conflits entre les agriculteurs et les peuples nomades, car ceux-ci retournent sur des terres que les agriculteurs s’approprient suite à des catastrophes naturelles. Il se crée un stress autour de l’eau et de la terre, et par conséquent des tensions entre peuples.
La crise s’étend même entre pays frontaliers, devenant alors une crise politique. La déstabilisation sociale et humaine se répercute sur la vie des foyers car les hommes sont en charge de nourrir la famille, ce qu’ils ne peuvent plus faire. Les conséquences peuvent être dramatiques au sein des couples et des familles. Les forêts et les terres nourricières détruites, contre qui ces populations peuvent-elles manifester? La dignité de l’homme étant profondément touchée (dans son rôle essentiel de père nourricier) fait qu’il doit partir à la ville pour trouver un travail et un salaire. Il laisse donc sa famille, la femme devant alors jouer les deux rôles, celui de la mère (s’occuper des enfants, chercher l’eau et garantir la nourriture) en plus de celui de l’homme (assurer la sécurité des enfants et des personnes âgées), c’est un vrai fardeau. Parallèlement, l’homme est prêt à faire n’importe quel travail… C’est malheureusement l’exemple rencontré près du lac Tchad qui a perdu 95% de son eau. On se retrouve alors au coeur de l’intégrisme de Boko Haram. Un adage local dit « Si le ventre est vide, la tête de ne réfléchit pas ». L’homme est prêt à accepter n’importe quoi pour garder sa dignité. Et les conséquences relèvent alors de la politique internationale.

Mon avis est que tout est lié et qu’il faut prendre le recul nécessaire pour visualiser l’aspect systémique des problématiques :
climat + environnement = terre + eau
terre + eau = alimentation
alimentation + eau = santé
stress hydrique + crise alimentaire = conflit humain = conflit politique

Dérèglements climatiques, générateurs de migrations

Mme Runa Khan, présidente de l’ONG Friendship (Bangladesh) détaille les conséquences de la montée des eaux au Bangladesh. Les conséquences des changements climatiques vont bien au delà du climat. Il existe un vrai cercle vicieux entre l’environnement et le social, lié aux problèmes de dignité des individus. Les dérèglements climatiques provoquent déjà un accroissement de la fréquence des catastrophes naturelles. L’Asie est le continent le plus touché suivi de l’Afrique sub-saharienne. Selon l’ONU, ils seront 250 millions de migrants climatiques en 2050, si la tendance n’est pas inversée. En 2013, plus de 22 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de se déplacer en raison de catastrophes naturelles (inondations, tempêtes, séismes…) liées au climat. Les inondations, autrefois de l’ordre de 1 ou 2 fois par an, sont beaucoup plus fréquentes et touchent maintenant plus de 80% des gens du nord. Les cyclones arrivent chaque année, ce qui n’était pas le cas auparavant. Les gens vivent à la limite de leurs moyens et lorsqu’ils perdent tout, ils ne peuvent se relever et recommencer une nouvelle vie. Au pays dit « des 100 rivières », les limites sont floues, une grande partie du pays est mouvante (pas de rochers), la migration est courante (disparition d’îles par exemple). De plus en plus de catastrophes naturelles poussent les gens à se déplacer. Ils migrent vers Dacca la capitale, qui est maintenant surpeuplée, mais il n’y a pas de place et ils n’ont rien. Alors ils poussent les autres. Quelle est la limite entre la fin de l’humanitaire et le début de l’aide au développement? L’apaisement (relief en anglais) ne peut être un don unique et court-termiste, il doit respecter les populations locales, leurs attentes et être cohérent avec leur dignité.

Dérèglements climatiques, générateurs de vulnérabilités

Mme Elizabeth Peredo, directrice générale de la Fondation Solón et coordinatrice de l’observatoire bolivien du changement climatique s’exprime sur les impacts des dérèglements climatiques sur les vulnérabilités du peuple bolivien. La géographie de ce pays est très variée, et le changement climatique a beaucoup d’impact. Par exemple, en 2003 la canicule et les vents froids des montagnes ont produit de la grêle pendant 4 heures, causant la mort de 80 personnes. Il a fallu plusieurs années pour corréler les nombreux événements de ce type aux changements climatiques. De plus en plus de réserves d’eau ont été impactées. Les sécheresses et inondations, plus fréquentes et plus fortes, ont affecté 62 000 familles, provoquant être autre la fermeture des écoles durant plusieurs mois. Il faudrait créer un tribunal éthique international, car les dérèglements climatiques sont dus aux modes de vie des pays développés, mais les conséquences sont sublimes par les pays émergents, qui ne sont pas émetteurs. L’adaptation prend néanmoins de l’ampleur au sein des négociations internationales, notamment concernant la gestion des pertes et dommages.

Quelles sont les attentes de ces pays envers la COP21 en termes technologiques et de financements?

Au Tchad, l’adaptation des communautés et des populations vulnérables est un élément crucial : tous les sujets doivent intégrer le dérèglement climatique, notamment dans la santé et l’éducation. Ainsi, les écoles doivent l’intégrer dans leurs programmes:  apprendre à protéger l’environnement, l’eau, la biodiversité…
Les conséquences des migrations passées comme celle en provenance du Sud Soudan et de la RDC, et les conséquences de la guerre qui a sévi pendant 40 ans se répercutent encore aujourd’hui sur les communautés. Il faudrait un accord contraignant et pas seulement politique, respectant toutes les communautés vulnérables et pas seulement la femme, dont le rôle est déjà intégré et non négociable. Quand on a tout perdu, comment fait-on pour s’adapter?
Il faudrait un système d’assurance sur les pertes et dommages, un accord basé sur des financements clairs, un accès facilité à des fonds verts pour que la société civile puisse investir en complément de ce que font les gouvernements.

Approche globale des impacts des dérèglements climatiques et des enjeux autour de l’eau

Mme Monique Barbut, directrice exécutive de l’UNCCD (United Nations Convention to Combat Desertification) explique:  »nous allons devoir construire la résilience des populations, prévoir leurs besoins ». 80% de la population mondiale souffre déjà de l’insécurité en eau, l’écart entre les besoins et les ressources se creusent. 25% des terres sont dégradées et nous continuons à les dégrader de 12 millions d’ha par an. Selon toutes les tendances et les rapports, cette rareté en eau et en terres va augmenter. Le passé nous montre déjà les conséquences. Au Sahel, les températures des dernières 40 années ont déjà augmenté de 1,5° La croissante irrégularité des pluies a causé une diminution de 4% du PIB à Djibouti lors de la dernière sécheresse. Les moyens d’existence de millions de petits producteurs diminuent dramatiquement. Ils dépensent donc moins sur l’éducation et la santé. La migration devient alors la voie la plus évidente. Si les populations ont toujours migré, les migrations forcées et définitives au lieu d’être saisonnières s’amplifient. L’ampleur excédera tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. 22,5 millions de personnes se sont déplacées (ce qui équivaut à 62 000 par jour) pour des raisons résultant des dérèglements climatiques. Nous avons constaté que 400 000 personnes ont déjà traversé la Méditerranée depuis janvier. L’Europe et le Maghreb sont en première ligne. Tandis que l’afflux massif de migrants en Europe, fuyant les guerres en Syrie, en Irak ou Nigéria fait la une de l’actualité, l’ampleur de ces migrations va excéder ce que nous connaissons actuellement. Qu’observons-nous? Sur ces 100.000 migrants, 100% d’entre eux viennent de zones arides.

Les migrants politiques sont aussi économiques et climatiques. Dans 10 ans, les migrants que nous refusons pour des raisons économiques, reviendront pour des raisons politiques, alerte Monique Barbut. Ces guerres ont (entre autres) des causes environnementales. Au Tchad, les fermiers chrétiens de l’est entrent en conflit avec les éleveurs musulmans sur le sujet de l’eau. Boko Haram a exploité cette situation. On constate le même type de situation au Darfour. En Syrie, en 2011, la population a vécu la pire sécheresse: 75% des familles ont perdu toute leur récolte. La sécurité alimentaire et l’exode rural ont contribué faire basculer le pays dans un violent conflit. Daesh, en commençant par confisquer les ressources en eau dans les régions, accroit son pouvoir et son influence.

Les désastres climatiques n’arrivent pas soudainement, ils résultent des dérèglements, de la politique mais aussi de la mauvaise gestion de l’eau, véritable détonateur vers les conflits. Par ailleurs, la dégradation des terres n’était pas considérée jusqu’à présent comme cruciale. On ne peut imaginer un scenario alternatif ne pouvant se résoudre uniquement autour de l’eau, il faut aussi considérer les terres dégradées (dont la surface totale est supérieure à celle de l’Amérique du Sud). On estime que l’on commence à restaurer et réhabiliter à partir de 20€ / ha. La COP21 pourrait permettre de lancer la réhabilitation 200 millions d’ha, afin de réduire les émissions de GES et d’ arriver à limiter la hausse de température à + 2° au lieu des 3° prévus aujourd’hui. Si l’on travaille à rendre productives les 12% de terres dégradées, on aide les petits producteurs à relancer leur développement et ce seront les populations les plus pauvres et vulnérables qui en profiteraient le plus. Pour agir au niveau global sur les grands objectifs, il faut aussi agir dans les régions vulnérables.

L’exemple de la Grande Muraille Verte décidée en 2007 par 11 chefs africains signataires (Djibouti,Burkina Faso, Sénégal, Ethiopie, Mali, Mauritanie, etc). L’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte a pour objectif global la réalisation de la Grande Muraille Verte dans les Etats membres pour lutter contre les effets du changement climatique et de la désertification ainsi que la perte de biodiversité, afin d’engendrer des impacts socio-économiques hautement positifs sur les populations et d’assurer la gestion durable des ressources naturelles et le développement intégré des zones arides ciblées. Elle est relayée dans la mise en oeuvre, au niveau de chacun des Etats membres par une structure nationale chargée d’entreprendre la réalisation de la composante nationale de la Grande Muraille Verte. L’APGMV a pour missions principales la planification, la coordination, le suivi, l’évaluation et la mobilisation des ressources financières des activités de réalisation de la Grande Muraille Verte par des techniques de gestion durables. Elle pourrait employer 5000 personnes vulnérables (des jeunes par exemple) de chacun de ces pays. Un réfugié dans un camp en Italie coûte 35€/j, alors qu’une personne pourra être employée à 300€/mois pour planter sur la GMV.

Mon avis : Au vu des coûts des camps de réfugiés et des conflits à venir, offrir des perspectives à long terme et de respect de la dignité des hommes et des femmes me semble un projet réalisable et souhaitable. Continuons à diffuser et promouvoir ces initiatives.

L’innovation humanitaire au service de la lutte contre le changement climatique et de l’optimisation de la réponse humanitaire - Dominique Burgeon, directeur de la division des urgences et de la réhabilitation de la FAO.

Quelles sont les solutions proposées par la FAO pour pallier à ces défis immenses?
On connaît le rôle des petits agriculteurs en tant que victimes, mais ils sont aussi les acteurs de solutions innovantes grâce à leurs pratiques. Ils représentent 50% de la production agricole mondiale et on considère que celle-ci doit augmenter suffisamment pour nourrir 50 milliards de personnes en 2050. Les petits producteurs sont régulièrement affectés par les changements climatiques graduels (vagues de froid, de chaleur, montée des eaux) mais aussi extrêmes (inondations, sécheresses surtout). Or on sait aujourd’hui que plus de 70% de catastrophes naturelles sont dues aux changements climatiques. La réunion de Sendai sur la réduction des risques de catastrophes a eu lieu en mars 2015. Une proposition de la FAO sur les pertes et dommages resultant de l’analyse de 78 catastrophes ayant touché 70 pays entre 2003 et 2014 a montré que 22% du coût de ces catastrophes est absorbé par le secteur agricole (80% dans le cas des sécheresses).

Les dérèglements climatiques accentuent et gravent d’autres problèmes, et notamment la modification des ravageurs (ex : infestation de criquets pèlerin, maladies du blé), ce qui concerne aussi bien les « pays du sud » que les « pays du nord ». La santé animale est également touchée, notamment en termes de recrudescence de maladies ravageuses sur les animaux, qui pourraient même représenter un risque potentiel pour l’homme.

Par ailleurs, on se prépare à un El Niño de grande ampleur en décembre. A l’instar des ONG, M. Burgeon a rappelé l’importance d’un agenda axé sur le renforcement de la résilience climatique des pays au centre du travail de réorganisation avec une approche proactive plutôt que réactive, et dans laquelle l’innovation prend tout son sens. Le défi est également d’intégrer la notion de risques dans les projets de développement et de mettre à disposition des petits agriculteurs des technologies s’appuyant sur les pratiques traditionnelles.
Quelles sont les solutions qui vont dans ce sens? Nous disposons d’innovations technologiques basées sur techniques modernes : suivi satellitaires des sécheresses, évolution des phénomènes de type El Niño avec systèmes d’alertes, drones en agriculture pour le suivi des essaims de criquets pèlerins, drones utilisés durant les action humanitaires pour l’évaluation rapide des besoins en cas d’urgences, portails sms pour diffusions d’informations en situation d’alerte ou en collecte d’information (Bangladesh…) sur les épidémies ou les plans locaux.

Aux Philippines, la FAO s’est engagée avec les autorités locales à fournir des bulletins météo sur une période de 3 mois à des vulgarisateurs agricoles en dialogue avec les petits producteurs, les aidant sur la manière de conduire les plantations. Ce système triangulaire peut influencer la conduite des récoltes. On peut aussi identifier les bonnes pratiques (BP), les documenter puis les répliquer. En prevention aux crises, promouvoir des BP en termes de variétés semées et de gestion eau, permet de réagir aux crises à très court terme. L’objectif est de diminuer l’exposition future aux risques en privilégiant un dialogue avec les communautés locales. C’est le principe du « Building back better » (exemples au Bangladesh de construction de bateaux de pêches plus résistants pour une pêche plus durable, ou de silos pour stocker les récoltes)
La FAO prone la diffusion de pratiques familiales et traditionnelles menée de façon conjointe avec le transfert des progrès techniques de l’agriculture (résistance au sel etc) auprès des petits agriculteurs. Le concept « champ-école-paysan » passe par un dialogue avec un groupe d’agriculteurs ayant intégré des techniques et pouvant les transmettre à d’autres agriculteurs.

Quid des innovations financières ? On parle de plus en plus de transferts financiers et de systèmes d’assurance sur lesquels il existe de grandes marges de progrès.
On a mis en place des « caisses de résilience » permettant de combiner la gestion des risques et les transferts financiers. Mettre à disposition des fonds pour les agriculteurs, c’est leur permettre de réaliser des achats collectifs, l’octroi de fonds en cas de crise et d’ajouter un pilier technique au pilier financier. Par exemple, le fonds Bêkou (espoir en langue sango) est un outil européen créé par la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Communauté Européenne, pour appuyer la sortie de crise, la reconstruction et le développement de la République Centrafricaine.
Comment estimer ce qu’1$ investi en prévention ou en alerte permet d’économiser? C’est un calcul actuellement en cours de réalisation par a FAO, notamment en prévision du big El Niño qui arrive. L’un des principaux objectifs est d’organiser des stratégies de comportements humains pour faire face à l’imprévisibilité, c’est-à-dire anticiper les risques grâce aux technologies et aux connaissances traditionnelles. Malheureusement, les technologies arrivent difficilement à certaines communautés, alors comment faire des alertes précoces? Les moyens traditionnels viennent en relai des canaux tels que la TV, internet et la radio, qui ne touchent qu’une élite. « Wise wisdom has survived » : privilégions la gestion traditionnelle de l’eau et de l’alimentation comme par exemple la conservation des pommes de terre, du maïs et de la viande en Afrique. Autre adage comme leitmotiv : « you only use what you need » Le défi est bien de changer la vision de la solidarité et l’empathie de la société civile.
En termes de financements : l’abondement du Fonds vert à hauteur de $100 milliards par an d’ici 2020 a été conforté par Mme Tubiana. « 50% des ressources du Fonds vert seront consacrés aux mesures d’adaptation », a ajouté M. Fabius. Les ONG quant à elles demandent aux gouvernements de consacrer 5% de leur aide publique au développement aux plans de réduction des risques de catastrophe.

L’intervention du Dr Kamel Mohanna, Coordinateur Général du Collectif des ONG libanaises et du Collectif des ONG arabes, souligne l’importance de la situation catastrophique et explosive liant le terrorisme avec la sécheresse et l’alimentation. Il insiste sur la difficulté à faire arriver l’argent jusqu’aux bénéficiaires. Il propose de parler de  »Business Oriented Non Governmental Organisations » ou BONGO. Avec 1,5 millions de migrants, le Liban a du adapter son concept de solidarité. N’oublions pas que 20% de la population détient 80% des richesses mondiales, et qu’il va sans doute falloir aussi inciter une certaine forme de régulation des secteurs privés par les secteurs publics.

Mon avis : nous avons de gros progrès à faire pour avancer en combinant le progrès technique et les connaissances traditionnelles, ce qui commence à se faire en agriculture, mais demeure extrêmement soumis aux lobbies industriels. De même, sensibiliser la société civile sur la co-responsabilité que nous portons tous dans notre vie quotidienne constitue un point essentiel.

Seconde_Nature_logo

Why do I wonder where my food comes from? Why do I imagine the people who have harvested the corn I eat in the morning or the fruit I give to my son?

These questions are more and more in the mind of consumers. The scandals we see in the food industry, in China but not only (see the Spanghero case in Europe!) are a strong sign of something going wrong in our industries. All industries: we do not have any information about the products we consume, especially when we talk about the ones we eat or apply on our body. Yes, the Nature is a wonderful source of inspiration. Yes, it provides various raw materials we need, we use or be inspired from. First of all, things have to change in the way we use Nature’s potential, regarding a resource’s point of view. Biodiversity, benefit sharing and integrated farming are main topics for the present and next generation. Sourcing is the key word at the heart of these preoccupations. Which species can be interesting? How do we know that? People all around the world have traditional knowledge and uses of plants, that represent a treasure for the industry. Beyond piracy cases, the interaction and share of benefits with local populations is very important and that is the reason of Nagoya’s Protocol.

Because safety, traceability and sustainability are strategic topic that will matter, and because I aim to be part of the change, I founded a new company, specialized in sourcing and valorizing flora from the world, and plant byproducts : Seconde Nature. My partner is an expert of plant sourcing, and our skills are complementary to help our partners in finding innovative plants, organizing plant sourcing and supply chain, training and audits. Please come and visit our website… Tell us how much it matters for you to know the origin of the plants contained in the products you use: we are interested!

Thank you :-)

Emission sur les Crèmes anti-âge : coup de jeune ou coup de bluff ? du dimanche 08 avril 2012 à 20h35 sur France 5

J’ai regardé par curiosité ce reportage, qui explique en 55 minutes à quel point le secteur de la cosmétique abuse des consommateurs.

L’ANGLE. C ‘est le ton que la société de production a choisi pour (soi-disant) éclairer les consommateurs sur ce que les marques de cosmétiques font, en termes de produits, de marketing et de budget de communication. C’est surtout un angle partial qui témoigne d’une inculture et d’un manque de recherche sur le sujet pour faire une sorte de pseudo reportage à sensation, vu et revu de nombreuses fois déjà. En fin de compte, cela décrédibilise le métier de journaliste autant qu’il montre à quel point ils manipulent le public. Quand décrédibiliser rime avec débiliser…

L’EFFICACITE. L’efficacité des produits cosmétiques, et notamment ceux qui se positionnent comme anti-âge / anti-rides, est au coeur des discussions sur la cosmétique. Bien sûr, on se demande toujours quelle est leur réelle efficacité, si l’on ment aux consommateurs et s’il y a réellement des ingrédients actifs dans les crèmes. En fait, tout dépend des marques et du budget qu’elles allouent à la formulation de leurs produits,… et de la marge souhaitée. Dans un soin cosmétique, on peut introduire une quantité plus ou moins importante d’actifs, des actifs différents dont les coûts peuvent varier de quelques euros à plusieurs milliers d’euros le kilo (mais on en formule quelques pourcentages!). Le reportage cite par exemple l’acide hyaluronique. C’est un polymère qui existe naturellement dans la peau au niveau du derme et qui permet de maintenir l’hydratation et la souplesse de la peau. La journaliste du reportage explique qu’il est extrait de la crête de coq. Aujourd’hui, c’est faux! Il est produit depuis plus de 20 ans par un procédé biotechnologique appelé fermentation, de façon contrôlée. Pourquoi alors mentir au public ? Est-ce pour choquer? Si le but était de démontrer que les marques cosmétiques mentent, alors cette journaliste est vraiment sans gêne!

Ensuite, les produits sont testés. Le plus souvent, les sociétés qui fabriquent les ingrédients actifs et les vendent aux marques, ou les grandes marques cosmétiques qui développent elles-mêmes leurs actifs, testent l’activité des molécules. Il y a plusieurs types de tests. Les tests d’efficacité, les tests d’innocuité, et les tests de sensorialité. Les premiers permettent d’évaluer la performance du produit, et si possible, où et comment il agit. Aucune information dans le reportage sur les ingrédients et les activités des produits ? Il aurait fallu creuser le sujet et comprendre les mécanismes de la peau pour pouvoir en parler au grand public, ce que la journaliste ne semble pas être en mesure de faire. Les tests ex vivo sur des plasties abdominales sont présentés comme un exercice de boucherie répugnant alors que ce sont des tests d’efficacité coûteux, les plus fidèles à la réalité de la peau, sans avoir besoin de tester sur animaux. Bizarrement, cela n’est même pas mentionné… la journaliste aurait sans doute préféré voir des lapins ou des singes tester les produits. Les seconds tests ont pour rôle de prouver que le produit n’est pas toxique, et c ‘est évidemment un prérequis pour le mettre sur le marché. Bien que les produits cosmétiques ne soient pas soumis à une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) comme les médicaments, la réglementation cosmétique devient de plus en plus stricte. Quant aux derniers types de tests, il est compréhensible que les marques s’intéressent de très près au ressenti des consommateurs. Outre la performance du produit cosmétique (antiride pour une crème anti âge, nettoyant pour un shampooing ou un savon, désodorisant et antibactérien pour un déodorant), c’est l’aspect sensoriel qui importe. Qui voudrait s’appliquer sur la peau une crème qui colle ou un shampooing qui sent mauvais ? Qui mieux qu’une femme (ou un homme) est en mesure d’évaluer le plaisir d’utilisation et l’efficacité perçue d’une crème? En revanche, on remarque que les questionnaires ne permettent pas forcément des réponses précises, claires et objectives.

LE REVE. Quant à la part de rêve des produits cosmétiques, oui, elle est inhérente au produit, qu’il soit plus ou moins efficace. Bien sûr, au delà du rêve, il y a la déontologie. J’en parle suffisamment à mes étudiants. Oui on peut faire rêver. Surtout en période de crise. Mais on ne peut pas – on ne doit pas- abuser des consommateurs en leur disant n’importe quoi, en extrapolant des chiffres, en présentant des résultats d’études sur des échantillons non représentatifs, etc. On sait que certaines marques n’hésitent pas à jouer sur les chiffres et les visuels pour embellir la réalité jusqu’à la tricherie. La publicité joue un rôle important comme vecteur du message de la marque. Pour avoir travaillé plusieurs années en agence de communication, il me semble que la responsabilité est partagée entre l’annonceur et l’agence qui retranscrit les informations sous la forme de publicité, tant au niveau du visuel que des mots. Si le marketing des marques comprenaient toujours parfaitement d’un point de vue scientifique et technique ce qu’elles vendent, si les mots pour le dire étaient autre chose qu’une accumulation de superlatifs, alors peut être sortirions-nous d’un jargon qui maintient le consommateur dans la confusion. Il faut cependant ajouter que notre société étant de plus en plus assistée, on déresponsabilise de plus en plus le consommateur. Au lieu de le former, de l’informer, de le rendre plus autonome, il faudrait le mettre en garde de tout en permanence. Bien sûr, il est important que les adolescentes ne prennent pas pour unique modèle des images retravaillées, devenant quasiment irréelles. Mais personne n’est là pour aiguiser leur sens critique ? N’est-ce pas le rôle de la société, et notamment de la mère, de les rendre lucides et capables d’analyse ? Pour revenir à ce reportage, on peut dire que le ton est biaisé du début à la fin. Par ailleurs, il manque totalement de données. Par exemple,à l’annonce du découpage du prix de vente d’un produit cosmétique, je me dis enfin : « des chiffres! ». Mais pas du tout. Un camembert approximatif commenté par une voix qui annonce « une grande partie du prix tient des dépenses marketing et communication ». Une qualité de reportage aussi médiocre, cela ne valait vraiment pas le coup d’avoir passé 55 minutes devant la télé…

Bien sûr, l’industrie cosmétique présente des points d’amélioration notables, dont le marketing est au cœur du sujet, mais à quand un vrai reportage sur cette industrie ? Malheureusement, son tort est de ne pas communiquer directement au grand public, ce qu’elle pourrait pourtant aisément faire.

PAS COMPLETEMENT BLANC

Harrys mie blanc complet

Je suis tombée sur un pain de mie, dans un rayon du supermarché au nom évocateur: Le « BlanComplet » de chez Harry’s.

Forcément, un pain de mie blanc ET complet, ça m’intrigue. A part le côté très marketing, en quoi cela consiste? Je regarde les ingrédients. Il s’agit d’un pain de mie blanc « comme il faut », c’est-à-dire dénué de tout intérêt nutritionnel. Pour revendiquer les bénéfices du ‘pain complet’, du son et des fibres ont été ajoutés!

Je ne sais pas ce que peut penser un consommateur en achetant ce produit… Personnellement, je me demande où passe le bon sens lorsqu’on en vient à fabriquer des produits travaillés à ce point. Pourquoi ne pas manger de pain complet? C’est déjà assez incroyable de créer un pain de mie qui résulte de multiples procédés industriels, mais en arriver à ajouter des ingrédients à valeur nutritionnelle… alors que ceux-ci étaient présents initialement dans la matière première, quel non-sens!

Enlever pour rajouter, c’est aberrant.

MENAGE A TROIS

Bon, comme tout le monde, je dois faire LE ménage… mais je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression de devoir racheter des produits ménagers à chaque fois! Un détergent par-ci, un nettoyant pour le sol par là, un peu d’anti-calcaire, du produit WC… et hop ! Ça recommence. Alors j’en ai un peu marre.

Et puis il y a autre chose… ces produits laissent leurs « traces » après leur passage. J’entends par là une odeur de produit ménager (sans blague!), c’est-à-dire un parfum synthétique pas forcément agréable, peu recommandé pour la santé (allergisant, sensibilisant, voire nocif) et puis surtout… pas du tout bon pour l’environnement!

Petit détail aussi: je suis enceinte, et je commence sérieusement à me demander si l’accumulation de tous ces produits et leurs résidus ne constituent pas une véritable pollution intérieure. La réponse est : si, bien sûr.

L’exposition constante et à long terme à la petite quantité de substances toxiques présente dans les produits ménagers peut entraîner divers symptômes: maux de tête, fatigue, essoufflement, congestion des sinus, toux, éternuements, irritation de la peau, étourdissements, nausées, irritation des yeux, du nez et de la gorge».

Il est donc temps de faire quelque chose.

PREMIERE ETAPE: LE BON SENS

Réduire le nombre de produits utilisés, puis les choisir les plus naturels possible. On finit donc par vider son placard (un gain de place n’est jamais négligeable quand on habite en appartement) et se retrouver avec 3 « produits » simples et écolos.

Cerise sur le gâteau: on économise!

Ces 3 produits, les voici (oui je sais, nos grands-mères les connaissaient, mais la florissante et créative industrie chimique est passée par là et les a jetés aux oubliettes): le savon de Marseille, le vinaigre blanc (ou cristal), et le bicarbonate de soude.

Les3produitsmiracles

SECONDE ETAPE: LES ASTUCES POUR UN MENAGE ECOLOGIQUE

Le savon de Marseille nettoie.

Il peut se râper et les paillettes obtenues peuvent être utilisées directement dans de l’eau chaude où elles se dissolvent facilement.

On peut nettoyer le sol, les vêtements…

Il a l’avantage d’être composé de peu d’ingrédients, et ne contient pas d’allergisants.

Savon de Marseille et râpe Savon de Marseille râpé

Le vinaigre blanc est un produit entièrement naturel.

Il est constitué d’acide acétique dilué, issu de la fermentation d’alcool, notamment de betterave. Il est donc comestible et biodégradable.

Il est le produit ménager par excellence pour la famille, car il ne contient aucune substance chimique nocive pour l’environnement ou les individus, et donc les jeunes enfants. C’est un nettoyant ménager efficace, très bon marché (0,3-0,5 €), et « tout-en-un ». Il devient inutile d’acheter toute une armada de nettoyants pour différentes utilisations.

Et comme il nettoie sans laisser de traces, pas besoin de rincer après utilisation, on économise donc l’eau!

Le vinaigre blanc pur est prisé depuis des générations pour ses propriétés anti-calcaire et détartrante.

On peut en ajouter dans la lessive et le lave-vaisselle pour adoucir l’eau, l’utiliser pour éliminer les traces sur les robinetteries, lavabos, cafetières, bouilloires, casseroles, (mais pas sur le marbre qui est une roche dérivée du calcaire!), vitres et miroirs…

Sur les traces récalcitrantes, il vaut mieux le faire chauffer, voire bouillir et laisser longtemps au contact de la surface à nettoyer.

En tant qu’anti-bactérien doux, il permet de nettoyer et désinfecter du sol (à ajouter au savon de Marseille), du frigo, et autres.

Il peut également servir de dégraissant, d’assouplissant et de désodorisant… J’en mets dans une coupelle au frigo pour y enlever les odeurs.

N’oublions pas qu’il sert à conserver certains légumes comme les cornichons, et que l’on en met quelques gouttes pour laver les légumes des femmes enceintes qui n’ont pas eu la toxoplasmose, c’est dire son innocuité!

Pour des raisons pratiques, je le mets dans un vaporisateur. Son seul inconvénient, il faut avouer qu’il laisse une odeur (de vinaigre !) pendant 15-20 minutes, mais celle-ci disparaît naturellement.

Enfin, le bicarbonate de soude ou bicarbonate de sodium est une poudre blanche, de formule NaHCO3. Il permet de très nombreuses applications:

- aussi bien dans l’entretien ménager (dégraisse, désodorise, ravive les couleurs des tapis, abrasif doux),

- qu’en cuisine (réduit le temps de cuisson des légumes secs par exemple, c’est aussi la levure chimique qui sert à alléger les plats et les gâteaux),

- ou pour l’hygiène (blanchit les dents, réduit les odeurs comme un déodorant),

- le jardin et les animaux (désodorise les litières et les odeurs d’animaux).

Pour se faire plaisir, on peut ajouter quelques gouttes d’huile essentielle de son choix (menthe, tea tree, eucalyptus, citron…) – si on le souhaite – dans tous ces mélanges.

L’AIR DE RIEN

On veut des maisons toujours plus propres… Mais les produits que nous utilisons sont bourrés de produits chimiques. Notre salle de bain deviendrait-elle un laboratoire? Comment avoir un avis éclairé et chercher les bons conseils?

QUE SE PASSE-T-IL?

Ces produits ménagers ont un impact direct sur la qualité de l’air que nous respirons. Et ce d’autant plus qu’ils s’intermélangent et conduisent à des cocktails dont chacun a sa recette. Tout d’abord, il faut comprendre que plus les produits sont vendus avec une revendication « sans effort », plus il est concentré en ingrédients actifs, plus il est « fort ».

Ensuite, quelque chose que nous ne savons pas forcément. Ce sont les mélanges dangereux de produits ménagers. En effet, issus de la chimie et composés de molécules très réactives (forcément puisqu’ils doivent être efficaces), ils produisent des réactions chimiques pouvant être nocives.

Exemple: ammoniac + chlore (eau javel) qui dégage un gaz de chlore très toxique pour les voies respiratoires. Toujours aérer pendant et après avoir fait le ménage, surtout lorsqu’on utilise de l’eau de javel, qui est -même seul- un irritant pulmonaire.

Les produits ménagers n’étant pas forcément testés sur tous les effets toxiques possibles, on connaît encore moins les impacts à long terme et les interactions de tous ces produits. Ces réactions peuvent conduire à des intoxications à court terme comme des irritations pulmonaires, ou des pertes de connaissance. Mais c’est surtout l’accumulation des produits en faible quantité sur le long terme qui doit inquiéter, les cancers représentant l’une des conséquences les plus connues à ce jour.

Les parfums, majoritairement de synthèse, des produits d’entretien (orange, citron, menthe, vanille) : parmi eux, plus de 100 substances potentiellement allergènes. Et certains peuvent causer des dysfonctionnements hormonaux. De même, un produit censé apporter une « bonne odeur » (désodorisants mais aussi produits parfumés) ne résout jamais un problème de qualité de l’air! Il ne fait qu’apporter d’autres molécules qui s’accumulent. Il ne devrait donc pas être utilisé. Aérez plutôt…

NOTRE ROLE EN TANT QUE CONSOMMATEUR

Nettoyants, désodorisants, assouplissants, javellisants, liquide tout usage… ça en fait des produits!! Le consommateur a été habitué des dernières décennies à tout vouloir désinfecter et stériliser sa maison !!

Alors les industriels ont créé un marché hypersegmenté et rempli les étalages d’innombrables produits, eux-mêmes de plus en plus concentrés. Stop…

Bien sûr, le rôle des industries et de la publicité est au coeur des campagnes des associations de consommateurs et de protection de l’environnement, mais c’est le consommateur qu’il faut éveiller et responsabiliser. Après tout, c’est lui qui achète, c’est lui qui utilise et c’est lui qui s’intoxique.

ALORS…

Rappelons-nous qu’un air propre est un air ne contenant pas de substances.

Tiens, ça rime avec bon sens. C’est-à-dire?

Utilisons donc le moins possible ces produits ménagers, améliorons nos habitudes (aérer par exemple) et tentons de les remplacer. Il est vrai que l’on ne connait pas les ingrédients des produits ménagers (avez-vous déjà vu une liste sur les étiquettes comme celle des produits cosmétiques???!), et il est par conséquent difficile de juger. Regardons alors les pictogrammes de sécurité et les contre-indications.

Ceux-ci indiquent le niveau de risques, qui croît avec le nombre de mentions (porter des gants, des lunettes, bien se laver les mains etc).

Les pictogrammes de securite

Un picto indiquant « corrosif » signifie qu’il entraîne la nécrose (mort) des cellules. Donc des dommages pour l’homme et pour l’environnement, dans lequel il va forcément finir sa vie (eh oui, après votre évier, le produit continue d’agir!).

Un aérosol est une suspension dans un gaz de particules très fines. Leur étiquette indique « explosif » et les contre-indications suivantes : ne pas perforer, ne pas exposer à la chaleur… En plus d’être un déchet dangereux, ils émettent des composés organiques volatils (COV), comme les hydrocarbures, et des particules de petite taille facilement inhalées. Les COV polluent l’intérieur des maisons, ayant un effet nocif pour la santé. Combinés avec des oxydes d’azote, ils peuvent former de l’ozone, un polluant à basse atmosphère.

Même si on l’essuie après nettoyage, la surface traitée par ces produits ménagers est considérée d’un point de vue scientifique comme contaminée.

Alors lisons les étiquettes et préférons ceux qui sont composés d’ingrédients naturels.

Pour les pictos, voir aussi sur le site du Sénat.

LE GREENWASHING EN 3 POINTS

Greenwashing

Aliments ou cosmétiques bio, produits éco-citoyens, commerce équitable, voitures respectueuses de l’environnement (!)… les messages publicitaires des marques nous inondent de revendications toutes plus « éthiques » les unes que les autres. Pourquoi? Comment reconnaître le greenwashing? Quel rôle avons-nous à jouer?

Pourquoi

Personne malheureusement ne fait de business aujourd’hui de façon parfaite (pour l’Homme et son environnement j’entends). Les démarches sincèrement louables sont rares dans un monde où le greenwashing, cette surabondance de mots et d’images teintés de vert, envahit notre vie quotidienne.

D’une société des années d’après guerre où la demande tirait l’offre, et pour laquelle les produits répondaient à des besoins plutôt d’ordre essentiel (se nourrir, se loger, se vêtir), nous sommes passés à une consommation guidée par l’offre, à laquelle le marketing créait sans cesse de la valeur ajoutée et nous conduisait tout droit vers la surconsommation. L’excès nous a sans doute fait perdre un certain sens commun et nous a encouragé à se recentrer sur nous-mêmes : c’était la mode du cocooning, l’apparition des produits « bien-être » etc.

Lorsque les problématiques environnementales commencent à être présentées au grand public (via le film d’Al Gore notamment), lorsque les scandales liés aux sweatshops de marques mondialement connues éclatent (dénoncés par Naomi Klein dans No logo), alors s’ébauche une velléité de certains consommateurs un peu plus engagés que les autres, de consommer autrement. C’est un changement de vision qui s’enclenche, et de là, de nouveaux modes de consommation. Tout le monde a entendu le terme de consomm’acteur et la notion associée de pouvoir du portefeuille. En effet, ce que nous achetons est à l’image de notre mentalité et il s’agit donc d’un pouvoir quasiment politique. Nous pouvons choisir le boycott de marques dont nous n’approuvons pas la stratégie. De même, à travers l’achat de certains produits (issus de l’agriculture biologique par exemple) et circuits de distribution (en France : Bio-coop, Naturalia, Les Nouveaux Robinson, voire directement auprès des producteurs) nous pouvons volontairement acheter des marques plus vertueuses. Ce mouvement, initié par un groupe socio-culturel appelé Créatifs culturels, puis par d’autres groupes plus spécifiques comme les LOHAS (lifestyles of health and sustainability) ont développé une consommation plus réfléchie, plus responsable.

Aujourd’hui, cette tendance s’est généralisée, et si les études s’accordent à montrer une demande de la part des consommateurs, c’est surtout la ferveur des marques à positionner leurs produits sur ce créneau que l’on remarque.

Comment

Le greenwashing, c’est communiquer des informations fausses, dans le fond et dans leur expression, dans le but d’apparaître socialement et/ou environnementalement responsable aux yeux du public. Ce « verdissement d’image » est clairement de la désinformation des consommateurs. Il contrecarre les efforts de sensibilisation faits en ce sens par les associations ou les pouvoirs publics, et discrédite la démarche de progrès déjà amorcée par quelques entreprises.

La règle voudrait que les marques ne communiquent que des arguments vrais. Mais comme nous ne vivons pas dans un monde idéal, il faut bien fixer quelques points de repère. Ne pas créer de nouveaux mots sans définition claire et inventer un jargon incompréhensible autour de l’environnement ou de l’équitable. Ne pas parler de produits « verts » lorsque l’on est une entreprise en totale contradiction avec les valeurs promues (automobile, tabac, etc). Ne pas abuser des images et codes graphiques induisant le consommateur en erreur. Ne pas inventer de logos faisant croire à des labels officiels. Ne pas revendiquer sans preuve.

L’Observatoire Indépendant de la Publicité recense les textes de loi et des publicités pratiquant le greenwashing, c’est-à-dire le non-respect de ces lois. Voici quelques extraits de textes issus des Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998) ou Recommandation Développement durable (2003) sur les droits et les devoirs de la communication en matière d’environnement. Nous pouvons supposer que cela s’applique de la même façon au commerce équitable. La publicité:

  • doit indiquer en quoi le produit présente les qualités qu’on lui attribue et dans quel contexte.
  • ne doit pas donner ou paraître donner une garantie totale d’innocuité dans le domaine de l’environnement, lorsque les qualités écologiques du produit ne concernent qu’un seul stade de la vie du produit ou qu’une seule de ses propriétés.
  • ne doit pas tromper le consommateur sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des actions que l’annonceur conduit en faveur de l’environnement.
  • ne doit pas suggérer des vertus écologiques que le produit ne possèderait pas, par le choix des signes, des termes utilisés, ainsi que des couleurs associées (herbe, arbre, forêt, paysage naturel, fond vert…)

Il existe également un prix Pinocchio décerné à ceux dont la communication est le plus en décalage avec l’entreprise elle-même: très intéressant!

Et maintenant…

Face à la confusion volontairement provoquée, nous assistons à un jeu de balancier, entre le fait que la population soit de plus en plus attentive et consciente, et la facilité d’acheter un produit « commerce équitable » ou « bio », sans se poser de questions, pour avoir l’esprit tranquille en se disant que l’on fait une bonne action. Le greenwashing des marques résulte donc aussi du manque de vigilance et d’esprit critique des consommateurs. Il est de notre responsabilité de nous poser la question de la véracité et de la cohérence de la communication sur les produits. A nous de lire les étiquettes et de nous poser les bonnes questions avant d’acheter : origine du produit, lieu et conditions de fabrication, innocuité des ingrédients ou des composants, etc… avant de se lasser d’un monde faussement repeint en vert, auquel on risque de ne plus croire du tout.

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