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J’ai eu la chance de pouvoir suivre en direct, la conférence intitulée « Dérèglements climatiques et crises humanitaires : comprendre et agir », dont voici un résumé et un avis personnel.

Le dérèglement climatique « est un facteur d’aggravation des crises humanitaires et constitue de ce fait un défi majeur tant pour les gouvernements que pour les acteurs humanitaires non gouvernementaux », alertent une soixante d’ONG humanitaires internationales, dans une lettre ouverte remise ce mercredi 9 septembre au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. »Il est temps d’agir! »: cette lettre appelle les 195 Etats parties de la COP à parvenir à un accord ambitieux et contraignant pour limiter à 1,5° le réchauffement climatique à la fin du siècle, et ainsi limiter les crises humanitaires. Cette événement était co-organisé ce mercredi par le Quai d’Orsay, Care France et Action contre la faim ainsi que l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Intitulée

Dérèglements climatiques, générateurs de conflits

Mme Hindou Oumarou Ibrahim, coordinatrice de l’Association des Femmes Peules Autochtones du Tchad (AFPAT) explique l’impact de la modification des écosystèmes du lac Tchad sur les rapports entre les communautés locales. Au Tchad, et dans tout le Sahel, la crise alimentaire ne finit pas. On n’arrive pas à la freiner car les coûts augmentent et les changements déstabilisent toute la vie des communautés. Elle crée des conflits entre les agriculteurs et les peuples nomades, car ceux-ci retournent sur des terres que les agriculteurs s’approprient suite à des catastrophes naturelles. Il se crée un stress autour de l’eau et de la terre, et par conséquent des tensions entre peuples.
La crise s’étend même entre pays frontaliers, devenant alors une crise politique. La déstabilisation sociale et humaine se répercute sur la vie des foyers car les hommes sont en charge de nourrir la famille, ce qu’ils ne peuvent plus faire. Les conséquences peuvent être dramatiques au sein des couples et des familles. Les forêts et les terres nourricières détruites, contre qui ces populations peuvent-elles manifester? La dignité de l’homme étant profondément touchée (dans son rôle essentiel de père nourricier) fait qu’il doit partir à la ville pour trouver un travail et un salaire. Il laisse donc sa famille, la femme devant alors jouer les deux rôles, celui de la mère (s’occuper des enfants, chercher l’eau et garantir la nourriture) en plus de celui de l’homme (assurer la sécurité des enfants et des personnes âgées), c’est un vrai fardeau. Parallèlement, l’homme est prêt à faire n’importe quel travail… C’est malheureusement l’exemple rencontré près du lac Tchad qui a perdu 95% de son eau. On se retrouve alors au coeur de l’intégrisme de Boko Haram. Un adage local dit « Si le ventre est vide, la tête de ne réfléchit pas ». L’homme est prêt à accepter n’importe quoi pour garder sa dignité. Et les conséquences relèvent alors de la politique internationale.

Mon avis est que tout est lié et qu’il faut prendre le recul nécessaire pour visualiser l’aspect systémique des problématiques :
climat + environnement = terre + eau
terre + eau = alimentation
alimentation + eau = santé
stress hydrique + crise alimentaire = conflit humain = conflit politique

Dérèglements climatiques, générateurs de migrations

Mme Runa Khan, présidente de l’ONG Friendship (Bangladesh) détaille les conséquences de la montée des eaux au Bangladesh. Les conséquences des changements climatiques vont bien au delà du climat. Il existe un vrai cercle vicieux entre l’environnement et le social, lié aux problèmes de dignité des individus. Les dérèglements climatiques provoquent déjà un accroissement de la fréquence des catastrophes naturelles. L’Asie est le continent le plus touché suivi de l’Afrique sub-saharienne. Selon l’ONU, ils seront 250 millions de migrants climatiques en 2050, si la tendance n’est pas inversée. En 2013, plus de 22 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de se déplacer en raison de catastrophes naturelles (inondations, tempêtes, séismes…) liées au climat. Les inondations, autrefois de l’ordre de 1 ou 2 fois par an, sont beaucoup plus fréquentes et touchent maintenant plus de 80% des gens du nord. Les cyclones arrivent chaque année, ce qui n’était pas le cas auparavant. Les gens vivent à la limite de leurs moyens et lorsqu’ils perdent tout, ils ne peuvent se relever et recommencer une nouvelle vie. Au pays dit « des 100 rivières », les limites sont floues, une grande partie du pays est mouvante (pas de rochers), la migration est courante (disparition d’îles par exemple). De plus en plus de catastrophes naturelles poussent les gens à se déplacer. Ils migrent vers Dacca la capitale, qui est maintenant surpeuplée, mais il n’y a pas de place et ils n’ont rien. Alors ils poussent les autres. Quelle est la limite entre la fin de l’humanitaire et le début de l’aide au développement? L’apaisement (relief en anglais) ne peut être un don unique et court-termiste, il doit respecter les populations locales, leurs attentes et être cohérent avec leur dignité.

Dérèglements climatiques, générateurs de vulnérabilités

Mme Elizabeth Peredo, directrice générale de la Fondation Solón et coordinatrice de l’observatoire bolivien du changement climatique s’exprime sur les impacts des dérèglements climatiques sur les vulnérabilités du peuple bolivien. La géographie de ce pays est très variée, et le changement climatique a beaucoup d’impact. Par exemple, en 2003 la canicule et les vents froids des montagnes ont produit de la grêle pendant 4 heures, causant la mort de 80 personnes. Il a fallu plusieurs années pour corréler les nombreux événements de ce type aux changements climatiques. De plus en plus de réserves d’eau ont été impactées. Les sécheresses et inondations, plus fréquentes et plus fortes, ont affecté 62 000 familles, provoquant être autre la fermeture des écoles durant plusieurs mois. Il faudrait créer un tribunal éthique international, car les dérèglements climatiques sont dus aux modes de vie des pays développés, mais les conséquences sont sublimes par les pays émergents, qui ne sont pas émetteurs. L’adaptation prend néanmoins de l’ampleur au sein des négociations internationales, notamment concernant la gestion des pertes et dommages.

Quelles sont les attentes de ces pays envers la COP21 en termes technologiques et de financements?

Au Tchad, l’adaptation des communautés et des populations vulnérables est un élément crucial : tous les sujets doivent intégrer le dérèglement climatique, notamment dans la santé et l’éducation. Ainsi, les écoles doivent l’intégrer dans leurs programmes:  apprendre à protéger l’environnement, l’eau, la biodiversité…
Les conséquences des migrations passées comme celle en provenance du Sud Soudan et de la RDC, et les conséquences de la guerre qui a sévi pendant 40 ans se répercutent encore aujourd’hui sur les communautés. Il faudrait un accord contraignant et pas seulement politique, respectant toutes les communautés vulnérables et pas seulement la femme, dont le rôle est déjà intégré et non négociable. Quand on a tout perdu, comment fait-on pour s’adapter?
Il faudrait un système d’assurance sur les pertes et dommages, un accord basé sur des financements clairs, un accès facilité à des fonds verts pour que la société civile puisse investir en complément de ce que font les gouvernements.

Approche globale des impacts des dérèglements climatiques et des enjeux autour de l’eau

Mme Monique Barbut, directrice exécutive de l’UNCCD (United Nations Convention to Combat Desertification) explique:  »nous allons devoir construire la résilience des populations, prévoir leurs besoins ». 80% de la population mondiale souffre déjà de l’insécurité en eau, l’écart entre les besoins et les ressources se creusent. 25% des terres sont dégradées et nous continuons à les dégrader de 12 millions d’ha par an. Selon toutes les tendances et les rapports, cette rareté en eau et en terres va augmenter. Le passé nous montre déjà les conséquences. Au Sahel, les températures des dernières 40 années ont déjà augmenté de 1,5° La croissante irrégularité des pluies a causé une diminution de 4% du PIB à Djibouti lors de la dernière sécheresse. Les moyens d’existence de millions de petits producteurs diminuent dramatiquement. Ils dépensent donc moins sur l’éducation et la santé. La migration devient alors la voie la plus évidente. Si les populations ont toujours migré, les migrations forcées et définitives au lieu d’être saisonnières s’amplifient. L’ampleur excédera tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. 22,5 millions de personnes se sont déplacées (ce qui équivaut à 62 000 par jour) pour des raisons résultant des dérèglements climatiques. Nous avons constaté que 400 000 personnes ont déjà traversé la Méditerranée depuis janvier. L’Europe et le Maghreb sont en première ligne. Tandis que l’afflux massif de migrants en Europe, fuyant les guerres en Syrie, en Irak ou Nigéria fait la une de l’actualité, l’ampleur de ces migrations va excéder ce que nous connaissons actuellement. Qu’observons-nous? Sur ces 100.000 migrants, 100% d’entre eux viennent de zones arides.

Les migrants politiques sont aussi économiques et climatiques. Dans 10 ans, les migrants que nous refusons pour des raisons économiques, reviendront pour des raisons politiques, alerte Monique Barbut. Ces guerres ont (entre autres) des causes environnementales. Au Tchad, les fermiers chrétiens de l’est entrent en conflit avec les éleveurs musulmans sur le sujet de l’eau. Boko Haram a exploité cette situation. On constate le même type de situation au Darfour. En Syrie, en 2011, la population a vécu la pire sécheresse: 75% des familles ont perdu toute leur récolte. La sécurité alimentaire et l’exode rural ont contribué faire basculer le pays dans un violent conflit. Daesh, en commençant par confisquer les ressources en eau dans les régions, accroit son pouvoir et son influence.

Les désastres climatiques n’arrivent pas soudainement, ils résultent des dérèglements, de la politique mais aussi de la mauvaise gestion de l’eau, véritable détonateur vers les conflits. Par ailleurs, la dégradation des terres n’était pas considérée jusqu’à présent comme cruciale. On ne peut imaginer un scenario alternatif ne pouvant se résoudre uniquement autour de l’eau, il faut aussi considérer les terres dégradées (dont la surface totale est supérieure à celle de l’Amérique du Sud). On estime que l’on commence à restaurer et réhabiliter à partir de 20€ / ha. La COP21 pourrait permettre de lancer la réhabilitation 200 millions d’ha, afin de réduire les émissions de GES et d’ arriver à limiter la hausse de température à + 2° au lieu des 3° prévus aujourd’hui. Si l’on travaille à rendre productives les 12% de terres dégradées, on aide les petits producteurs à relancer leur développement et ce seront les populations les plus pauvres et vulnérables qui en profiteraient le plus. Pour agir au niveau global sur les grands objectifs, il faut aussi agir dans les régions vulnérables.

L’exemple de la Grande Muraille Verte décidée en 2007 par 11 chefs africains signataires (Djibouti,Burkina Faso, Sénégal, Ethiopie, Mali, Mauritanie, etc). L’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte a pour objectif global la réalisation de la Grande Muraille Verte dans les Etats membres pour lutter contre les effets du changement climatique et de la désertification ainsi que la perte de biodiversité, afin d’engendrer des impacts socio-économiques hautement positifs sur les populations et d’assurer la gestion durable des ressources naturelles et le développement intégré des zones arides ciblées. Elle est relayée dans la mise en oeuvre, au niveau de chacun des Etats membres par une structure nationale chargée d’entreprendre la réalisation de la composante nationale de la Grande Muraille Verte. L’APGMV a pour missions principales la planification, la coordination, le suivi, l’évaluation et la mobilisation des ressources financières des activités de réalisation de la Grande Muraille Verte par des techniques de gestion durables. Elle pourrait employer 5000 personnes vulnérables (des jeunes par exemple) de chacun de ces pays. Un réfugié dans un camp en Italie coûte 35€/j, alors qu’une personne pourra être employée à 300€/mois pour planter sur la GMV.

Mon avis : Au vu des coûts des camps de réfugiés et des conflits à venir, offrir des perspectives à long terme et de respect de la dignité des hommes et des femmes me semble un projet réalisable et souhaitable. Continuons à diffuser et promouvoir ces initiatives.

L’innovation humanitaire au service de la lutte contre le changement climatique et de l’optimisation de la réponse humanitaire - Dominique Burgeon, directeur de la division des urgences et de la réhabilitation de la FAO.

Quelles sont les solutions proposées par la FAO pour pallier à ces défis immenses?
On connaît le rôle des petits agriculteurs en tant que victimes, mais ils sont aussi les acteurs de solutions innovantes grâce à leurs pratiques. Ils représentent 50% de la production agricole mondiale et on considère que celle-ci doit augmenter suffisamment pour nourrir 50 milliards de personnes en 2050. Les petits producteurs sont régulièrement affectés par les changements climatiques graduels (vagues de froid, de chaleur, montée des eaux) mais aussi extrêmes (inondations, sécheresses surtout). Or on sait aujourd’hui que plus de 70% de catastrophes naturelles sont dues aux changements climatiques. La réunion de Sendai sur la réduction des risques de catastrophes a eu lieu en mars 2015. Une proposition de la FAO sur les pertes et dommages resultant de l’analyse de 78 catastrophes ayant touché 70 pays entre 2003 et 2014 a montré que 22% du coût de ces catastrophes est absorbé par le secteur agricole (80% dans le cas des sécheresses).

Les dérèglements climatiques accentuent et gravent d’autres problèmes, et notamment la modification des ravageurs (ex : infestation de criquets pèlerin, maladies du blé), ce qui concerne aussi bien les « pays du sud » que les « pays du nord ». La santé animale est également touchée, notamment en termes de recrudescence de maladies ravageuses sur les animaux, qui pourraient même représenter un risque potentiel pour l’homme.

Par ailleurs, on se prépare à un El Niño de grande ampleur en décembre. A l’instar des ONG, M. Burgeon a rappelé l’importance d’un agenda axé sur le renforcement de la résilience climatique des pays au centre du travail de réorganisation avec une approche proactive plutôt que réactive, et dans laquelle l’innovation prend tout son sens. Le défi est également d’intégrer la notion de risques dans les projets de développement et de mettre à disposition des petits agriculteurs des technologies s’appuyant sur les pratiques traditionnelles.
Quelles sont les solutions qui vont dans ce sens? Nous disposons d’innovations technologiques basées sur techniques modernes : suivi satellitaires des sécheresses, évolution des phénomènes de type El Niño avec systèmes d’alertes, drones en agriculture pour le suivi des essaims de criquets pèlerins, drones utilisés durant les action humanitaires pour l’évaluation rapide des besoins en cas d’urgences, portails sms pour diffusions d’informations en situation d’alerte ou en collecte d’information (Bangladesh…) sur les épidémies ou les plans locaux.

Aux Philippines, la FAO s’est engagée avec les autorités locales à fournir des bulletins météo sur une période de 3 mois à des vulgarisateurs agricoles en dialogue avec les petits producteurs, les aidant sur la manière de conduire les plantations. Ce système triangulaire peut influencer la conduite des récoltes. On peut aussi identifier les bonnes pratiques (BP), les documenter puis les répliquer. En prevention aux crises, promouvoir des BP en termes de variétés semées et de gestion eau, permet de réagir aux crises à très court terme. L’objectif est de diminuer l’exposition future aux risques en privilégiant un dialogue avec les communautés locales. C’est le principe du « Building back better » (exemples au Bangladesh de construction de bateaux de pêches plus résistants pour une pêche plus durable, ou de silos pour stocker les récoltes)
La FAO prone la diffusion de pratiques familiales et traditionnelles menée de façon conjointe avec le transfert des progrès techniques de l’agriculture (résistance au sel etc) auprès des petits agriculteurs. Le concept « champ-école-paysan » passe par un dialogue avec un groupe d’agriculteurs ayant intégré des techniques et pouvant les transmettre à d’autres agriculteurs.

Quid des innovations financières ? On parle de plus en plus de transferts financiers et de systèmes d’assurance sur lesquels il existe de grandes marges de progrès.
On a mis en place des « caisses de résilience » permettant de combiner la gestion des risques et les transferts financiers. Mettre à disposition des fonds pour les agriculteurs, c’est leur permettre de réaliser des achats collectifs, l’octroi de fonds en cas de crise et d’ajouter un pilier technique au pilier financier. Par exemple, le fonds Bêkou (espoir en langue sango) est un outil européen créé par la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Communauté Européenne, pour appuyer la sortie de crise, la reconstruction et le développement de la République Centrafricaine.
Comment estimer ce qu’1$ investi en prévention ou en alerte permet d’économiser? C’est un calcul actuellement en cours de réalisation par a FAO, notamment en prévision du big El Niño qui arrive. L’un des principaux objectifs est d’organiser des stratégies de comportements humains pour faire face à l’imprévisibilité, c’est-à-dire anticiper les risques grâce aux technologies et aux connaissances traditionnelles. Malheureusement, les technologies arrivent difficilement à certaines communautés, alors comment faire des alertes précoces? Les moyens traditionnels viennent en relai des canaux tels que la TV, internet et la radio, qui ne touchent qu’une élite. « Wise wisdom has survived » : privilégions la gestion traditionnelle de l’eau et de l’alimentation comme par exemple la conservation des pommes de terre, du maïs et de la viande en Afrique. Autre adage comme leitmotiv : « you only use what you need » Le défi est bien de changer la vision de la solidarité et l’empathie de la société civile.
En termes de financements : l’abondement du Fonds vert à hauteur de $100 milliards par an d’ici 2020 a été conforté par Mme Tubiana. « 50% des ressources du Fonds vert seront consacrés aux mesures d’adaptation », a ajouté M. Fabius. Les ONG quant à elles demandent aux gouvernements de consacrer 5% de leur aide publique au développement aux plans de réduction des risques de catastrophe.

L’intervention du Dr Kamel Mohanna, Coordinateur Général du Collectif des ONG libanaises et du Collectif des ONG arabes, souligne l’importance de la situation catastrophique et explosive liant le terrorisme avec la sécheresse et l’alimentation. Il insiste sur la difficulté à faire arriver l’argent jusqu’aux bénéficiaires. Il propose de parler de  »Business Oriented Non Governmental Organisations » ou BONGO. Avec 1,5 millions de migrants, le Liban a du adapter son concept de solidarité. N’oublions pas que 20% de la population détient 80% des richesses mondiales, et qu’il va sans doute falloir aussi inciter une certaine forme de régulation des secteurs privés par les secteurs publics.

Mon avis : nous avons de gros progrès à faire pour avancer en combinant le progrès technique et les connaissances traditionnelles, ce qui commence à se faire en agriculture, mais demeure extrêmement soumis aux lobbies industriels. De même, sensibiliser la société civile sur la co-responsabilité que nous portons tous dans notre vie quotidienne constitue un point essentiel.

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