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CHOSIFICATION ET MARCHANDISATION
La marchandisation signifie réduire à l’état de marchandise. De par sa définition même il est insultant pour l’homme, qui en est à la fois L’OBJET et le SUJET. Car qui donc autre que l’homme pourrait réduire l’homme à l’état de marchandise ?
La marchandisation passe forcément par une phase de chosification avant de le marchander. Cette étape de chosification s’est faite il y a fort longtemps malheureusement, traduite au cours de l’histoire par des formes variées, selon les civilisations. Esclavage, prostitution (ne parle-t-on pas du plus vieux métier du monde ?), exploitation, déportation… autant de termes qui riment avec humiliation.
J’entends par marchandisation de l’humain : “location, échange ou vente de tout ou partie de l’Humain”.
MARCHANDISATION DE L’HUMAIN ET HISTOIRE. Je ne souhaite pas détailler ce qui a pu être dans l’Histoire passée des exemples de marchandisation de l’Humain. D’autres que moi pourraient faire un cours d’histoire bien plus complet. La marchandisation de l’Humain a pris différentes formes, qui ont pu apparaître, disparaître, coexister ou se sont succédées: les missions religieuses (notamment en Amérique latine, les colonisations (notamment en Afrique) , le terrorisme et la guerre incluant les enfants-soldats, les bombes humaines et les tortures. L’humain traité comme une vulgaire matière première, voire un déchet, par les régimes dictatoriaux : autant d’exemples qui sont d’autant plus pénibles à rappeler qu’ils sont le résultat de l’Homme lui-même.
Pas si loin de nous, dans le temps et dans l’espace, le statut de la femme et des handicapés (avez-vous remarqué que les toilettes handicapés sont toujours chez les femmes ?) les faisait passer plus pour des objets que des sujets. Comme pour les indigènes des pays où l’on voyageait, la question était même de savoir s’ils avaient une âme.
Tentons de nous poser les questions sur l’Histoire future que nous construisons, et dans laquelle nous avons tous une part de responsabilité.
MARCHANDISATION ET ARGENT. Tout s’achète. Dés lors que l’argent fait son apparition, les choses se louent et se vendent. Et l’Homme n’échappe pas à la règle du marché de l’offre et de la demande. Dans le monde, sa valeur marchande diffère selon son origine, tant au niveau géographique que social. En quelque sorte, la vie, le corps ou le travail d’un « pauvre » vaut moins que celle d’un « riche ». Parfois, elle ne vaut même rien (exemple : un prisonnier chinois).
L’Homme agit, réfléchit et fabrique des objets. Puis il vend ou loue des biens et services qui en résultent. Il faut bien dire que si l’Homme est considéré comme une marchandise, c’est bien dans un but financier.
L’Homme et la Femme se louent, se vendent, se troquent, s’échangent. La prostitution est de la location, et le mariage dans certaines conditions tient plus de la vente, pouvant d’ailleurs être officialisée par un contrat. Il existe même des mariages en CDD, et une sorte de « service après-vente » qui permet de l’annuler en cas de “dysfonctionnement du produit” (stérilité, maladie, etc…).
Peut-être qu’à force de tout voir sous l’angle de la consommation, nous ne percevons plus à quel point tout est devenu marchandise. Et l’Homme en fait partie. NOUS sommes tous des objets de communication et de consommation, au point de ne plus le voir parfois, tant cela imprègne notre vie. Quelle différence y a-t-il entre un panneau publicitaire, 15 secondes de spot TV en prime time et un maillot de foot? Le nombre de logos, car c’est le maillot de foot qui en comporte le plus! Et quand nous voyons les logos de marques portés par la plupart des gens dans la rue, nous ne somme plus très loin du maillot de foot.
A partir de quand parle-t-on de marchandisation de l’Humain ? Où se trouve la limite acceptable ? Le bon sens nous ferait répondre : à partir du moment où la dignité humaine est atteinte, où le non-respect de la personne est réel. Mais cette limite est floue et c’est notre rôle de l’identifier. Selon les cultures, les civilisations et les pays, les critères diffèrent. Sommes-nous même conscients de cette limite ?
Aujourd’hui, nous louons des services, comme le travail par exemple. Nous appelons cela l’Uberisation. Bien sûr, cela permet une certaine flexibilité de la part de l’employeur et du travailleur. Les indépendants et les professions libérales le savent bien. Dans le futur, nous deviendrons majoritairement des intermittents. Malheureusement, l’Abbaye de Thélème où chacun a sa place et travaille pour son plaisir et le bien de la communauté, n’est qu’une utopie. Toutefois, les plus jeunes générations sont plus enclines à envisager un métier qui leur correspond. Il nous semble évident que tout travail mérite salaire, mais la notion de travail peut être à la limite de l’esclavagisme. Comme dans ces usines d’Asie du sud-est où les femmes peuvent être enchaînées à leur poste de travail. Peut-on encore appeler cela réellement du travail ?
Que dire aussi du travail abusif des enfants ? Ce thème est souvent repris par les marques qui veulent se dédouaner d’une quelconque responsabilité de faire travailler des enfants. Or dans certains pays, et je pense à l’Afrique, l’Inde ou le Sud-Est asiatique, il est coutumier que les enfants accompagnent leurs parents. Cela pose des problèmes de convention pour nous pays occidentaux car nous le différencions mal du travail abusif. Je le vis au quotidien dans mon métier par exemple, à travers les filières de ressources de plantes où le respect des populations et le partage des avantages est loin d’être optimal.
Nous pouvons également prendre comme exemple les conditions désastreuses dans lesquelles vivent les ouvriers chinois. Ce sont souvent des hommes ruraux venus en ville pour gagner leur vie, souvent de plus de 50 ans. Ils sont entassés, parqués dans des cages comme des bêtes, sans aération ni fenêtre et où la saleté y est extrême.
Au cours du temps, une marchandise peut disparaître pour laisser place à une autre. L’esclavage a été aboli certes, mais d’autres formes de marchandisation de l’Homme apparaissent. De l’économie aux biotechnologies, quels sont les défis pour demain ?
MARCHANDISATION : QUELS DEFIS POUR DEMAIN ?
Quelles que soient les formes prises par la marchandisation de l’Homme, on ne peut nier que celle-ci a suivi le progrès technologique de près, et s’est du coup, modernisée.
L’esclavage moderne est plus discret mais bien là. C’est le cas des travailleurs étrangers plus ou moins clandestins, que des employeurs sans scrupules font chanter, souvent en leur confisquant leurs papiers ou en les menaçant de les dénoncer.
De même, citons les marchands de sommeil qui louent à prix d’or des logements insalubres à des personnes en situation précaire.
N’est-ce pas une forme d’esclavage que ces américains pauvres qui doivent cumuler 2, voire 3 emplois pour survivre? Et ce, sans protection sociale (voir le documentaire Sicko de Michael Moore). Nombreuses sont les personnes qui décèdent de ne pouvoir se soigner.
L’Humain est une matière première, utilisée pour fournir un travail, produire des biens, et satisfaire une consommation croissante. Mais quelle est cette soi-disante Humanité qui use de son prochain comme d’un matériau que l’on use et que l’on jette?
L’économie s’est mondialisée et l’Homme-objet aussi. Celui-ci s’exporte. Les Sweatshops, ces usines de marques mondialement connues, sont des sites de travail précaire, dont les conditions matérielles sont déplorables et les travailleurs exploités. Pour rentrer dans les détails, je vous conseille de lire No Logo, de Naomi Klein. Si la Chine devient l’usine du monde, elle permet d’atteindre des prix hors compétition, … mais à quel prix humain ?
Dans les Biotechnologies, de nombreux sujets sont d’actualité, en ce sens que nous décomposons scientifiquement l’Homme pour mieux le comprendre… mais aussi pour mieux le vendre.
-       la Génomique, la science qui étudie les gènes, le matériel biologique de l’hérédité. Tant dans le règne végétal qu’animal, les génomes sont peu à peu séquencés, donc analyses, et donc susceptibles d’être modifiés.
Cela pose la question essentielle : à qui appartiennent nos gènes ? Car les sociétés, notamment américaines posent des brevets sur le vivant (en France, c’est interdit). Le support biologique de notre hérédité se vendra-t-il? Pourrait-on imaginer de vendre un jour les gènes de son grand-père sur Ebay?
-       Le Clonage, quant à lui, est déjà réalisé sur les animaux. Il ne l’est pas officiellement sur l’Humain mais on en est très proche. On imagine volontiers certaines personnes dont l’ego ou le portefeuille sont suffisamment gonflés pour vouloir se munir d’un clone. C’est le rêve des forces militaires depuis toujours. Car la connaissance des gènes permettant d’améliorer certaines caractéristiques, notamment physiques, il est tentant de former des clones-soldats. Sujet de science-fiction peut-être, comme dans Star Wars, mais plus si inatteignable…
-       Les Cellules souches bien sûr évoquent beaucoup d’espoir, notamment en terme thérapie génique, mais aussi il faut rester extrêmement vigilants quant aux dérives.
-       Les greffes d’organes résultent d’un progrès scientifique impressionnant et le don est très louable (j’ai ma carte de donneur, j’accepte donc d’être en partie « démontée » si cela peut aider à sauver la vie d’un autre être humain), mais les abus existent : les trafics d’organes sont nombreux, et mêmes les enfants sont touchés (en Inde par exemple)
- Les mères porteuses constituent une autre problématique internationale, car le corps humain est loué pour une fonction particulière et un temps donné.
L’Humain est non seulement une marchandise, mais il est même vendu ou loué en kit. Est-ce la génération Ikea qui veut ça ? Il y aurait encore de nombreux exemples à donner.
Celui des enfants adoptés. Marchandisation ou non? L’objectif est certainement favorable aux enfants, mais on observe de nombreux cas de trafics dans le monde. L’enfant aussi est devenu une marchandise que l’on promeut et que l’on exporte.
Le statut des femmes, notamment dans certains pays.
Nos données personnelles remplissent des fichiers et des bases de données vendues aux  services d’études et de marketing.
La banalisation du corps humain se traduit par exemple à travers la publicité, car c’est un objet qui fait vendre. Dans ce registre, mais malheureusement un peu plus réaliste : l’exposition « A corps ouvert » qui a eu lieu en 2009 dans plusieurs villes, mettant en scène de vrais corps humains, issus de prisonniers chinois selon les media. L’expo avait fait grand bruit, et pour des raisons éthiques elle a du être arrêtée. Et puis la polémique s’est tassée.
Pour finir sur des exemples un peu plus légers… Le site « Adopte un mec .com » créé en 2007. En tant que femme, on peut choisir les profils des hommes selon des critères précis (je ne les cite pas, je vous laisse la surprise d’aller les voir sur le site) et faire son marché… et il y a même des promotions.
CONCLUSION
Au cœur de cette problématique : l’Humain. L’Homme en tant qu’objet d’une part, et donc victime, un individu passif, qui subit. L’Homme en tant que sujet d’autre part, et donc acteur, un individu actif, qui agit. Je pense à l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci : un homme inscrit dans un cercle. Toute la beauté du tracé de la main de l’Homme (le sujet) représentant l’Homme (en tant qu’objet). C’est avec notre intelligence émotionnelle que nous pouvons améliorer notre discernement, et c’est avec notre courage que nous pourrons nous opposer aux dérives.

CHOSIFICATION ET MARCHANDISATION

La marchandisation signifie réduire à l’état de marchandise. De par sa définition même il est insultant pour l’homme, qui en est à la fois L’OBJET et le SUJET. Car qui donc autre que l’homme pourrait réduire l’homme à l’état de marchandise ?

La marchandisation passe forcément par une phase de chosification avant de le marchander. Cette étape de chosification s’est faite il y a fort longtemps malheureusement, traduite au cours de l’histoire par des formes variées, selon les civilisations. Esclavage, prostitution (ne parle-t-on pas du plus vieux métier du monde ?), exploitation, déportation… autant de termes qui riment avec humiliation. J’entends par marchandisation de l’humain : “location, échange ou vente de tout ou partie de l’Humain”.

MARCHANDISATION DE L’HUMAIN ET HISTOIRE.

Je ne souhaite pas détailler ce qui a pu être dans l’Histoire passée des exemples de marchandisation de l’Humain. D’autres que moi pourraient faire un cours d’histoire bien plus complet. La marchandisation de l’Humain a pris différentes formes, qui ont pu apparaître, disparaître, coexister ou se sont succédées: les missions religieuses (notamment en Amérique latine, les colonisations (notamment en Afrique) , le terrorisme et la guerre incluant les enfants-soldats, les bombes humaines et les tortures. L’humain traité comme une vulgaire matière première, voire un déchet, par les régimes dictatoriaux : autant d’exemples qui sont d’autant plus pénibles à rappeler qu’ils sont le résultat de l’Homme lui-même.

Pas si loin de nous, dans le temps et dans l’espace, le statut de la femme et des handicapés (avez-vous remarqué que les toilettes handicapés sont toujours chez les femmes ?) les faisait passer plus pour des objets que des sujets. Comme pour les indigènes des pays où l’on voyageait, la question était même de savoir s’ils avaient une âme. Tentons de nous poser les questions sur l’Histoire future que nous construisons, et dans laquelle nous avons tous une part de responsabilité.

MARCHANDISATION ET ARGENT.

Tout s’achète. Dés lors que l’argent fait son apparition, les choses se louent et se vendent. Et l’Homme n’échappe pas à la règle du marché de l’offre et de la demande. Dans le monde, sa valeur marchande diffère selon son origine, tant au niveau géographique que social. En quelque sorte, la vie, le corps ou le travail d’un « pauvre » vaut moins que celle d’un « riche ». Parfois, elle ne vaut même rien (exemple : un prisonnier chinois).

L’Homme agit, réfléchit et fabrique des objets. Puis il vend ou loue des biens et services qui en résultent. Il faut bien dire que si l’Homme est considéré comme une marchandise, c’est bien dans un but financier.

L’Homme et la Femme se louent, se vendent, se troquent, s’échangent. La prostitution est de la location, et le mariage dans certaines conditions tient plus de la vente, pouvant d’ailleurs être officialisée par un contrat. Il existe même des mariages en CDD, et une sorte de « service après-vente » qui permet de l’annuler en cas de “dysfonctionnement du produit” (stérilité, maladie, etc…).

Peut-être qu’à force de tout voir sous l’angle de la consommation, nous ne percevons plus à quel point tout est devenu marchandise. Et l’Homme en fait partie. NOUS sommes tous des objets de communication et de consommation, au point de ne plus le voir parfois, tant cela imprègne notre vie. Quelle différence y a-t-il entre un panneau publicitaire, 15 secondes de spot TV en prime time et un maillot de foot? Le nombre de logos, car c’est le maillot de foot qui en comporte le plus! Et quand nous voyons les logos de marques portés par la plupart des gens dans la rue, nous ne somme plus très loin du maillot de foot.

A partir de quand parle-t-on de marchandisation de l’Humain ? Où se trouve la limite acceptable ? Le bon sens nous ferait répondre : à partir du moment où la dignité humaine est atteinte, où le non-respect de la personne est réel. Mais cette limite est floue et c’est notre rôle de l’identifier. Selon les cultures, les civilisations et les pays, les critères diffèrent. Sommes-nous même conscients de cette limite ?

Aujourd’hui, nous louons des services, comme le travail par exemple. Nous appelons cela l’Uberisation. Bien sûr, cela permet une certaine flexibilité de la part de l’employeur et du travailleur. Les indépendants et les professions libérales le savent bien. Dans le futur, nous deviendrons majoritairement des intermittents. Malheureusement, l’Abbaye de Thélème où chacun a sa place et travaille pour son plaisir et le bien de la communauté, n’est qu’une utopie. Toutefois, les plus jeunes générations sont plus enclines à envisager un métier qui leur correspond. Il nous semble évident que tout travail mérite salaire, mais la notion de travail peut être à la limite de l’esclavagisme. Comme dans ces usines d’Asie du sud-est où les femmes peuvent être enchaînées à leur poste de travail. Peut-on encore appeler cela réellement du travail ?

Que dire aussi du travail abusif des enfants ? Ce thème est souvent repris par les marques qui veulent se dédouaner d’une quelconque responsabilité de faire travailler des enfants. Or dans certains pays, et je pense à l’Afrique, l’Inde ou le Sud-Est asiatique, il est coutumier que les enfants accompagnent leurs parents. Cela pose des problèmes de convention pour nous pays occidentaux car nous le différencions mal du travail abusif. Je le vis au quotidien dans mon métier par exemple, à travers les filières de ressources de plantes où le respect des populations et le partage des avantages est loin d’être optimal.

Nous pouvons également prendre comme exemple les conditions désastreuses dans lesquelles vivent les ouvriers chinois. Ce sont souvent des hommes ruraux venus en ville pour gagner leur vie, souvent de plus de 50 ans. Ils sont entassés, parqués dans des cages comme des bêtes, sans aération ni fenêtre et où la saleté y est extrême.

Au cours du temps, une marchandise peut disparaître pour laisser place à une autre. L’esclavage a été aboli certes, mais d’autres formes de marchandisation de l’Homme apparaissent. De l’économie aux biotechnologies, quels sont les défis pour demain ?

MARCHANDISATION : QUELS DEFIS POUR DEMAIN ?

Quelles que soient les formes prises par la marchandisation de l’Homme, on ne peut nier que celle-ci a suivi le progrès technologique de près, et s’est du coup, modernisée. L’esclavage moderne est plus discret mais bien là. C’est le cas des travailleurs étrangers plus ou moins clandestins, que des employeurs sans scrupules font chanter, souvent en leur confisquant leurs papiers ou en les menaçant de les dénoncer. De même, citons les marchands de sommeil qui louent à prix d’or des logements insalubres à des personnes en situation précaire. N’est-ce pas une forme d’esclavage que ces américains pauvres qui doivent cumuler 2, voire 3 emplois pour survivre? Et ce, sans protection sociale (voir le documentaire Sicko de Michael Moore). Nombreuses sont les personnes qui décèdent de ne pouvoir se soigner.

L’Humain est une matière première, utilisée pour fournir un travail, produire des biens, et satisfaire une consommation croissante. Mais quelle est cette soi-disante Humanité qui use de son prochain comme d’un matériau que l’on use et que l’on jette? L’économie s’est mondialisée et l’Homme-objet aussi. Celui-ci s’exporte. Les Sweatshops, ces usines de marques mondialement connues, sont des sites de travail précaire, dont les conditions matérielles sont déplorables et les travailleurs exploités. Pour rentrer dans les détails, je vous conseille de lire No Logo, de Naomi Klein. Si la Chine devient l’usine du monde, elle permet d’atteindre des prix hors compétition, … mais à quel prix humain ?

Dans les Biotechnologies, de nombreux sujets sont d’actualité, en ce sens que nous décomposons scientifiquement l’Homme pour mieux le comprendre… mais aussi pour mieux le vendre.

-       la Génomique, la science qui étudie les gènes, le matériel biologique de l’hérédité. Tant dans le règne végétal qu’animal, les génomes sont peu à peu séquencés, donc analyses, et donc susceptibles d’être modifiés.

Cela pose la question essentielle : à qui appartiennent nos gènes ? Car les sociétés, notamment américaines posent des brevets sur le vivant (en France, c’est interdit). Le support biologique de notre hérédité se vendra-t-il? Pourrait-on imaginer de vendre un jour les gènes de son grand-père sur Ebay?

-       Le Clonage, quant à lui, est déjà réalisé sur les animaux. Il ne l’est pas officiellement sur l’Humain mais on en est très proche. On imagine volontiers certaines personnes dont l’ego ou le portefeuille sont suffisamment gonflés pour vouloir se munir d’un clone. C’est le rêve des forces militaires depuis toujours. Car la connaissance des gènes permettant d’améliorer certaines caractéristiques, notamment physiques, il est tentant de former des clones-soldats. Sujet de science-fiction peut-être, comme dans Star Wars, mais plus si inatteignable…

-       Les Cellules souches bien sûr évoquent beaucoup d’espoir, notamment en terme thérapie génique, mais aussi il faut rester extrêmement vigilants quant aux dérives.

-       Les greffes d’organes résultent d’un progrès scientifique impressionnant et le don est très louable (j’ai ma carte de donneur, j’accepte donc d’être en partie « démontée » si cela peut aider à sauver la vie d’un autre être humain), mais les abus existent : les trafics d’organes sont nombreux, et mêmes les enfants sont touchés (en Inde par exemple)

- Les mères porteuses constituent une autre problématique internationale, car le corps humain est loué pour une fonction particulière et un temps donné.

L’Humain est non seulement une marchandise, mais il est même vendu ou loué en kit. Est-ce la génération Ikea qui veut ça ? Il y aurait encore de nombreux exemples à donner. Celui des enfants adoptés. Marchandisation ou non? L’objectif est certainement favorable aux enfants, mais on observe de nombreux cas de trafics dans le monde. L’enfant aussi est devenu une marchandise que l’on promeut et que l’on exporte. Le statut des femmes, notamment dans certains pays. Nos données personnelles remplissent des fichiers et des bases de données vendues aux services d’études et de marketing. La banalisation du corps humain se traduit par exemple à travers la publicité, car c’est un objet qui fait vendre. Dans ce registre, mais malheureusement un peu plus réaliste : l’exposition « A corps ouvert » qui a eu lieu en 2009 dans plusieurs villes, mettant en scène de vrais corps humains, issus de prisonniers chinois selon les media. L’expo avait fait grand bruit, et pour des raisons éthiques elle a du être arrêtée. Et puis la polémique s’est tassée.

Pour finir sur des exemples un peu plus légers… Le site « Adopte un mec .com » créé en 2007. En tant que femme, on peut choisir les profils des hommes selon des critères précis (je ne les cite pas, je vous laisse la surprise d’aller les voir sur le site) et faire son marché… et il y a même des promotions.

CONCLUSION

Au cœur de cette problématique : l’Humain. L’Homme en tant qu’objet d’une part, et donc victime, un individu passif, qui subit. L’Homme en tant que sujet d’autre part, et donc acteur, un individu actif, qui agit. Je pense à l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci : un homme inscrit dans un cercle. Toute la beauté du tracé de la main de l’Homme (le sujet) représentant l’Homme (en tant qu’objet). C’est avec notre intelligence émotionnelle que nous pouvons améliorer notre discernement, et c’est avec notre courage que nous pourrons nous opposer aux dérives.

One Response to “MARCHANDISATION DE L’HUMAIN”

  1. admin dit :

    Je viens de découvrir un excellent article que je souhaite partager avec vous : Aux origines climatiques des conflits, Anaïs Sinaï. http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/SINAI/53507

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